HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 1 8 J
six yingts , tous sortis d’une même mere ; ôc qu’en Perse on.trouva une souris pleine de souriceaux qui avoient (3) d’aùtrespetits dans le ventre. On croit auílî que les souris n’ont besoin ,pour concevoir , que de goûter (4) du sel. Ainsi (5) il ne faut pluss’étonner d’ou provient cette multitude de rats 6c de souris qui ra-vagent ( 6 ) quelquefois les bleds dans les campagnes. Mais on ne faitpoint comment il arrive que ces animaux soient extirpés tout-à-coup ; car on ne les trouve point morts, & il n’y a personne qui,en creusant la terre en hiver, en ait jamais tiré un seul. II s’enjette quelquefois un très grand nombre dans la Troade , aupoint qu’une fois ils contraignirent, dit-on, les habitants (7)d’abandonner le pays. Ils multiplient beaucoup dans les tems deíéchereíTe (8). On dit que, fur la fin de leur vie, il s’engendredans leur tête un (9) ver qui les fait mourir. Les rats d’Egypte (10)ont un poil dur comme celui des hérissons. De plus, ils mar-chent fur (11) deux pieds, comme font auísi ceux des Alpes ( 12).Si deux animaux de différent genre viennent à s’accoupler ,ils parviendront à engendrer; mais il faut pour cela qu’ils ferencontrent être , de part &c d’autre, d’une espece homogènequant à la saison de l’accouplement & à la durée de la gesta-tion. Entre les quadrupedes ovipares, on croit communémentque les lézards pondent par la gueule; mais Aristote s’infcrit (13)
dans la plupart des langues barbares.
(8) Squalido aere potius , quàm plu-vio j mures in arvis nascuntur : ludunturenim imbribus , écrit Theophraste dansun fragment , de animalibus qus, repenteapparent. Au reste, fous le nom de musjPline , Théophraste , Aristote , & lesautres Anciens, ont souvent confondu'le rat & la souris, qui font cependantdes animaux de genre différent.
(9) Théophraste, ibïd.
(10) Aristote, Hijl. Anim. 1 .6 , cha-ire Z7, p . 788.
(11) Théophraste, ibiâ. Hérodote
Tomelp f
fair aussi mention des rats bipedes dela Libye, au livre 4, p, 28 6.
(12) Un Savant ( George JérômeVelích, tome 1, Mijcell. curios. feuEphem. Germ. observ. i <So , p. 138}écrit qu’en l’année 1 660 il a élevé chezlui un rat des Alpes qui s’étoit appri-voisé au "point de fe tenir tout droitfur la table, & de porter son mangerà sa gueule avec ses pattes de devant.II donne l'anaromie exacte de ce rat,qu’il disséqua après fa mort.
(13) Nous avons combattu cs mèmepréjugé an chap. 6 z.
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