HISTOIRE NATURELLE, L I V. X.
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Dessens des animaux.
Le premier (i) des sens chez l’homme, c est le tact;; ensuitele (2) goût. Les autres sens font plus parfaits chez plusieurs ani-maux. L’aigle (3) a la vue plus perçante. Le vautour a un odo-rat plus fin. Les taupes (4), quoiqu’enfoncées dans la terre, leplus massif (5) ôc le plus sourd des éléments, ont fouie (6) plusexquise ; car, encore que la voix se porre naturellement de basen haut, ces animaux souterrains ne laissent pas de nous entendre :on dit même qu’elles comprennent quand (7) on parle cfelles ,òc qu’auísi-tbt elles s’enfuient. Chez l’enfant,le défaut de fouie,s’il f apporte en naissant, entraîne aussi celui de la parole: ainsitout homme qui est sourd de naissance , est encore infaillible-ment (8) muet. II n’est pas vraisemblable que les huîtres (9) en-tendent ; mais on dit que les (10) solenes ou dails marins Ren-foncent dans seau dès qu’on fait du bruit auprès d’eux. C’estpourquoi la pêche est un exercice silencieux.
peu digne de figurer dans une histoirenaturelle.
( 8 ) M. Pereyre , Portugais, atrouvé, de nos jours , fart d’apprendreà parler à une muette de naiílance. J’aivu plus d’une fois cette éleve mer-veilleuse d’unart vainqueur de la Na-ture , & bien fait pour donner de f or-gueil à l’homme, si f orgueil peur ja-mais lui être permis. AI. de Buffon ,Bist- Nat. T. 4, p. 49 x , fait mentiond’un autre éleve de ce M. Pereyre.
( 9 ) Aristote, de qui ceci est em-prunté , ne parle point à ce sujet deshuîtres proprement dites, mais desnérites, qui font une forte de coquil-
lage, & celui qui, selon M. Adan-son, approche le plus des bivalves.D’ailleurs in marinis ostreis est évi-demment un pléonasme. Je soupçonnedonc que Pline avoit écrit in nerìtisostreis , comme le passage d’Aristote lefait aíïez entendre.
(10) Avant le Pere Hardouin, aulieu de solenes , on lisoit au texte soientou solere , même dans les manuscrits;ce qui ne formoit aucun sens. La cor-rection indispensable solenes est j usti-fiée par le passage d’Aristote qui a rap-port à celui-ci. Nous avons traité desdails ou solenes au dernier chapitre du.neuvieme livre qui termine le torne x-»