eux un signe (9) de mort, ainsi qu’on en a vu (10) plusieursexemples. Ce seroit ici l’occasion d’examiner si l’arne a quelqueconnoissance de l’avenir pendant le sommeil, comment celaarrive, vu si de tels présages font des jeux du hasard, comme laplupart des autres choses: mais il y auroit à disputer (11) sansfin fur cette matière ; car les exemples dont on pourroit s’étayerfont en aussi grand nombre d’un côté que d’un autre. Cependanton convient presque unanimement que les songes que l’on a aussi-tôt (11) après le repas, ou pendant le second sommeil, ne signi-fient absolument rien. Quant au sommeil lui- même, ce n’est autrechose qu’une retraite ( x 3 ) de l’esprit réfugié alors en foi. Au reste,ces affections nommées rêves, & qui accompagnent souvent lesommeil de l’homme, ne sont (14) pas propres à lui seul : il est évi-dent que les chevaux, les chiens, les bœufs, les brebis & les chevres,rêvent aussi. On croit même, en conséquence, que tous les ani-maux vivipares (15) rêvent : on n’est pas assuré s’il en est demême des ovipares ; mais il est certain qu’ils dorment.
Nous avons maintenant à parler des insectes, qui font des ani-maux d’unepetitesse infinie, & qui, selon quelques Auteurs, nerespirent point, & n’ont point de sang.
Sensus hic in nobis : quem cùm sopor impedit ede,Tum nobis animam perturbatam esse putandum est,Ejectamque foras : non omnem , namque jaceretAtetno corpus perfusum frigore leti.
Quippe ubi nulla latens animai pats remaneretIn membris, cinere ut multo latet obrutus ignis,
Unde reconflari sensus per membra repentiPossit, ut ex igni cteco consurgere flamma, &c.
(14) Aristote , Hifl. Anim. 1 . 4, c. 1 o.
(15) Vivipares & quadrupedes ; carc’est ainsi que s’exprime Aristote, ibid.