HISTOIRE NATURELLE, L I V. XI. 2.1/
ces (8) plissures ne íe rejoint pas entièrement, 8c laisse totalementà découvert, soit le ventre, soit le dessus (9) du corps; parties aureste revêtues de vertèbres posées les unes sor les autres, commeles couvreurs posent (10) les tuiles : & toute cette structure déceleen général un artifice si ingénieux , que la Nature , nulle partailleurs, ne se montre plus admirable.
Subtilité de la Jlruclure des injicies.
Les corps des grands animaux, &. sor-tout des plus grands ,n’étoient pas difficiles à configurer , l’abondance même de lamatière donnant plus de prise à l’ouvrier. Mais pour former lescorps des insectes, dont l’exiguité est inexprimable-, ou, pourmieux dire, qui sont voisins (1) du néant, quelle puissance,quelle intelligence, quelle inconcevable sageste n’a-t-il pas fallu!Comment la Nature a-t-elle trouvé où placer les organes dechacun des cinq sens chez le (i) moucheron ? Et toutefois il y adésinfectes bien plus petits (3) encore que celui-là. Mais enfin,chez le moucheron, où a-t-elle trouvé de l'espace pour placerle siégé de la vue ? où lui a-t-elle logé le goût? où lui a-t-ellesitué l’odorat ? où lui a-t-elle placé (4) cette voix si fíere &. st
aux mots Coujìn 8t Moucheron les aconfondus onomatiquement quant àla nomination Latine ; mais d’ailleursil les distingue spécifiquement. Lemoucheron est défini, avec raison,par Adrien Junius , omnis vermiculusalatus j ainsi c’est un nom vague, &qui comprend non seulement une in-finité d’especes, mais même un grandnombre de genres. Le cousin au con-traire , en Italien %aniara 3 en Espagnolgu^ano-mosquito , & en Grec kônôps 8ckornôpis forme un genre distinct, &qu on ne peut confondre qu’avec ses
f iropres especes , mais non point aveces autres genres de mouches. Cepen-
dant j’ai préféré de traduire ici mou*chcron 3 parcequ’il s’agit du prototypede la pètitefle , &r que moucheron estune expression diminutive : elle estd’ailleurs consacrée par l’ancien pro-verbe renouvellé des Grecs : Compa-rer un moucheron à un éléphant. Nousdisons plus volontiers aujourd’hui :Comparer un ciron à un éléphant .
(3) Tels que les mites qui se met-tent dans le fromage; tels que le ci-ron , &c. &c.
(4) C’est à cette question qu’appar-tient, comme de droit, le passage sui-vant , tiré de la comédie des Nuées