HISTOIRE NATURELLE, LIV. XI. LZs
ou quatre (8) les reçoivent à l’entrée de la ruche, & les aidentà déposer Jeurs charges. Au dedans les fonctions font pareille-ment distribuées. Les unes bâtissent, les autres polissent, d’atmesservent les ouvrières , d’autres apprêtent à manger à la commune,prenant, à cet effet, fur la masse des provisions amassées: carelles ne mangent jamais séparément ; mais la répartition de lanourriture est toujours égale entre elles, comme auffi la duréedu repas est: toujours la même pour tous les membres de la répu-blique. Quant à la structure de leurs rayons, elles commencentpat voûter (9) la ruche, & conduisent l’ouvrage dehaut en bas,comme stelles ourdissoient une toile, pratiquant autour de cha-que ( t o) compartiment deux chemins, l’un pour entrer, & l’au-tre pour sortir. Les rayons font attachés à la partie (11) supé-rieure de la ruche, & un peu aux divers cotés. Ils tiennent en-semble, èc font tous également suspendus, fans toucher le bas.Ils font tantôt anguleux, Lc tantôt ronds, selon la forme de laruche s t r.). Quelquefois auffi il y a dans une même ruché deux sortesde rayons. Par exemple, lorsque deux estai m s s’accordent à de-meurer ensemble, chacun donne à ses rayons une forme diffé-rente. Pour empêcher que les rayons s’écroulent, les abeillesont (13) foin de les étayer par des efpeces de piliers placés de
distance en distance fur le bas de la ruche, 6 c qui font faits enarcade, ah n de laisser le passage libre pour les réparations néces-saires. Dans les deux ou trois premiers rayons, elles ne mettentrien ( 14), ahn de ne point tenter la cupidité du voleur. Ce font
les derniers rangs qui font le plus remplis de miel; &c c'est pour-quoi, lorfqu’on veut ôter les rayons de miel, on ouvre le der-rière de la ruche (15). Pour apporter des provisions à la ruche
les abeilles choisissent un tems favorable. Sal survient un ( 16)
(n) Figura cerarum talis , qualis &habitus domicilii. Idem ibid.
(13) Aristote, Hijl. AnimlXvi'.' 9,chap. 64. -
{ 1 4) Aristote , ibid. p. 1111.(15) Columelle , 1. 9 , ch. 15.(ní) Aristote, ibid. p. 112.9.