HISTOIRE NATURELLE, Lly. XI. ZJJ
Des moyens de prévenir la désertion des abeilles , ou de
réparer leur perte .
L’ a i r a i n ( i ) frappé rend un son qui les flatte, & ce signalles rallie; ce qui démontre (r) qu’elles entendent. Lorfqu’ellesont achevé (3) leur besogne & fait éclore leurs petits, alors,comme n’ayant plus rien à faire, elles se divertissent à prendreleurs ébats, courent dans la campagne, s’élevent en l’air,tournoyent en volant ; après quoi elles vont repaître. Leur pluslongue vie est: de sept (4) ans, en supposant qu’il ne leur arriveaucun désastre. On prétend que les ruches ne durent jamaisplus de dix ans. Quelques-uns croient (5) que quand des abeillesfont mortes , on peut les faire revivre en les gardant tout l'hi-ver dans la maison, les échauffant ensuite à la plus grande ar-deur du soleil dans le priníems, & les tenant tout le long dujour fur un lit de cendres de figuier.
Les mêmes pensent aussi que si la race en est perdue , on peut
la recouvrer en enterrant (6) dans du fumier le ventre d’un bœuf
niere dont ils écrivent le second desquatre vers que je viens de citer: ilsrécrivent j dis-je, ainsi :
Excipiat ( neque enim plus septima ducitur aestas ).
Auquel cas le mot septimâ étant gou-verné par plus j seroit néceflairemenrà l’ablatir, & ne pourroic par consé-quent former un dactyle. Je penseavoir trouvé & indiqué la vraie ma-niéré décrire ce vers, dont on avoitjusqu ici indignement corrompu la pu-reté primitive. Le sens est : Le sep-tième été (fans plus) est le terme de leurvte. Au reste, M. l’Afché de la Fer-riere écrit qu’il meure plus d’un tiersdes mouches de chaque ruche en au-tomne , ôc qu’il n’en meurt pas moins
au priníems ; ce qui le fait douterqu’aucune abeille puifle vivre septans.
(5) Cette opinion est aussi rapportéepar Varron, de re rufi. 1 . 3 , ch. 16 ;Columelle , 1 . 1 9 , ch. 13 , écrit qu’ellese trouve aussi chez Hygin, d’après letémoignage d’anciens Auteurs ; maisque , quant à lui, n’ayant jamais faitune telle épreuve, il n’ose en garantirla certitude.
(d) Cette pratique, que nous re-gardons , à bon droit, comme super-stitieuse , est détaillée fort au long parElien, ftijl. Anim. livre z, chapitredernier ; & par Florentinus, Oeopoti .
1. 15 ,ch. 2, p. 4XO&4 11 '