HISTOIRE NATURELLE, L I V. X I. 287
toiles natives, pour en composer de nouveaux tissus (iz), futPamphile ( 14) de Céos ( 15 ), fille de Latoiis : car le moyen ( 1 5 *) depasser fous silence l’inventrice d’un habillement qui montre (16)une femme à nui fous prétexte de la vêtir ?
D u ver a soie de Vise de Cos , nommé bombyx.
Dans Piste de Cos, à ce qu’on raconte, il y a des bomby-íces (>) qui s’engendrent des fleurs de cyprès, de térébinthe,de chêne & de frêne, dont la dépouille abattue par les pluies est:animée per les vapeurs de la terre. II fe forme d abord de petitspapillons tout nuds(z), mais qui ensuite se couvrent (3) de poil,pour se garantir du froid, & qui se composent une tuniqueépaisse pour se mettre à l’abri des rigueurs de Phi ver. Ils ont despieds raboteux , avec lesquels ils raclent 8 c arrachent le (4) co-ton des feuilles des arbres. Ils le mettent en tas , puis le font pas-ser (5) par la filière de leurs ongles, Le en font un fil délié, qu’ilsramifient en trois comme avec un peignfe ; ensuite ils entortillentcet écheveau autour de leur corps, Le s'en font une enveloppede figure ovale. C’est le moment de les prendre. On les enferme
vers à foie modernes, mais une fortede chenille cardéufe & tapissière, qui«'enveloppe dans une feuille d’arbreroulée autour d’elle. Nous ne con-noiííons point en France ces bomby-ces , ou, fi nous les connoissons, nousn’en tirons aucun usage.
(z) C’est à-dire sans aucun duvet ,& même fans ailes, comme Pline va
Pexpliquer plus loin.
(3) Nos vers à foie n’ont certaine-ment pas de poil ; ce qui auroit dudésabuser Saumaise. Il est vrai qu à laChine il y a un grand nombre de versa foie velus : du moins le Pere Har-douin témoigne l avoir oui dire.
(4) Je lis au texte, avec le Pere Har-
douin, lanuginemvellere , & non lanu-ginem in vellera.
(3) Je lis au texte hanc ab his cogi ?unguium carminatione mox trahi ; in tresramos tenuari ceupecline. Au lieu de intres j on lisoit auparavant inter ce quin’offroit aucun sens raisonnable : ÔCd'ailleurs toute cette phrase étoit ponc-tuée d’une maniéré vicieuse , en cettesorte : Hanc ab his cogi fubigique un-guium carminatione , mox trahi interramos x tenuari ceu pechne. Ces motsfubigique ne fe trouvent dans aucundes manuscrits, & n’avoient été ajou-tés par les Editeurs que pour remédierau vice même quils avoient introduitdans le passage actuel.