HISTOIRE NATURELLE, LI V. XI. 289
dans des pots de terre, on les y tient chaudement ; & on les ynourrit avec du son , jufqu’à ce qu’il leur vienne des ailes : alorson leur donne congé, pour qu’ds puissent travailler.sor nou-veaux frais à une seconde ( 6 ) tâche. Quant à l’ouvfcage qu’ilsont déja (7) fait, après savoir mis tremper dans de l’eau tiede',on le file avec un (8) fuseau de jonc pour en faire des étoffestrès fines, dont les hommes n’ont pas eu honte de s’habiller en.été, parcequ’elles ( 9 ) font extrêmement légeres. Ainsi nousâvons tellement dégénéré, que, bien loin de vouloir Tendosséirla cuirasse, nous trouvons même nos habits trop pesants. Toute-fois nous laissons encore aux dames la foie d’Assyrie.
Des araignées , & de leur génération.
Après avoir traité des vers à foie, il est juste de parlerauífi des (1) araignées ; car leur nature est assurément digned’admiration. II y en a de plusieurs efpeces, qui sont trop con-nues pour qu’il soit nécessaire d’en .parler ici. On nomme pha-langes (z) certaines araignées dont la morsure est (3) venimeuse,qui ont le corps petit, de diverses couleurs òc pointu. II y ad’autres phalanges qui marchent en fautant, qui (4) sont noi-res, & qui ont les jambes de devant très longues. Toutes lesaraignées ont trois articulations aux jambes. Les araignées {5)
une abeille en Suédois, &c. Hachha-bich a aussi un grand rapport avec lenom de l’épervier, & paraît signifierl’insecte épervier ; car l’oiseau épervierfe dit en Allemand habich : &, d’au-tre part, une sorte de filet de pêcheurse nomme épervier : or l’araignée passepour Tinventrice de tous les tissus à ré-seau.
(z) Pline reparlera des phalanges auL 2.9, ch. 4. Quelques-uns mettentparmi les phalanges la tarentule. LePere Hardouin n’est pas de ce senti-ment. C est au Uvre 19, chap, 4, que
T orne ll se
nous discuterons la nomenclature po-lyglotte des phalanges.
(z) Aristote , Hist. Anim. 1. 9 , cha-pitre d j , p. I IOI.
(4) Aristote , ibid. p. .1 ioz.
(5 ) Nom fous lequel les Anciens ont
compris cette classe d’araignée qui ne
tend point un grand & large filet,mais qui fe contente, ou d un trou ta-piíïe, ou d’un trou tout simple. Quel-ques Grecs ont auífi donné le nom dephalangìon à cette forte d’araignée ,selon Pline ,1, 29, ch. 4.