HISTOIRE NATURELLE, l I y, XI. ZOI
bées est: celle qui, marchant a reculons, rouie de greffes boules (7)de fiente, dans lesquelles ils enveloppent (8) les petits vers quidoivent perpétuer la race, asm de les garantir de la rigueur del’híver. La quatrième forte de scarabées est celle qui vole (9)avec grand bruit. II y en a d’autres qui (10) font quantité detrous dans les prés & dans les foyers, & qui crient pendant lanuit. Les lampyrides (n) brillent la nuit comme des feus par lacouleur éclatante de leurs flancs & de leur croupe: mais il faut,pourproduire cet effet, que leurs ailes soient déployées, fans quoion n’apperçoit point cet éclat. On ne les volt, ni avant que lesbleds soient murs, ni après qu’ils font coupés. Les(12)blattes,
autres idiomes, du nom générique quiexprime un scarabée. Nous rombonsauíïi nous-mêmes dans cette confusionvicieuse, en donnant indistinctement,sur-tout en conversation , le nom dehanneton à toutes les classes de scara-bées.
(10) C’est l’espece que nous nom-mons grillon j les Italiens & les Espa-gnols grillo j les Flamands nachtkretel 3les Allemands muheim 3 hausseim 3hekmenmug 3 feldh eim,
(u) Le lampyris se nomme d’unautre nom , en Grec, kysolampis 3 py-golampis 3 phalaina j en Latin, cicin-dela j noctiluca ( Ce dernier nom signi,fie le luque ou cerf-volant de nuit 3 nepouvant venir de lucere , mais bien dumot luca 3 donné par les Latins à plu-sieurs animaux & insectes cornus. Surquoi voyez la note 6. Il est à remar-quer que l’insecte dont il s’agit ici estdu genre des pHalaines, ou papillonsnocturnes, à deux cornes ou antennes,que même il est nommé phalainapar quelques Auteurs Grecs ) ; en Al-lemand, Uecht 3 nachtmucki en Bel-gique , lichtj nachtmugge ■ en Italien,
lucto j luccìola ; en Espagnol , ' lucier-nega. Adrien Junius atteste qu on enexprime une encre phosphorique, aveclaquelle on peut écrire en caractères lu-mineux : Lampyris muscae genus , ves-pere per arva lucens : cujus lucidus illeliquor j in chartis sulco tractus 3 àme ali-quando ad oftentationemfuit 3 chm inBcnonienfi agro rufiicarer. Plusieursconfondent , mal-à-propos , cette fortede scarabée, aussi commune en Italie ,que peu commune en France, avecnos vers luisants qui n ont point d’ai-les. Quelques Modernes ont prétendu,à mon grand étonnement, que le mâledu ver luisant étoit une vraie mouchescarabée , munie d’ailes, & non lui-sante. C’est, à coup sûr, une insigneméprise. Au reste , consultez l’articleFer luisant chez M. Valmont de Bo-mare. Voyez auffi Pline , livre 18,ch. 16 ; & Aristote , Hijl. Anïm. li-vre 4, ch. 1, p. 401.
(12.) Le nom de la blatteen Fran-çois cafard 3 selon M. Jault, & félonConstantin, dans son Supplément a lalangue Latine. Nous traiterons d autresgenres de blattes au livre 19 , vers ía