HISTOIRE NATURELLE, L IV. XI. Z I/
en le prenant à la gorge & en le mordant. Ces insectes me nais-sent que dans les endroits (17) ou il y a des crevasses. Qn ditgue dans les Indes il s’en trouve qui ont trois pieds dç longueur,Sc qu’on fait sécher leurs jambes ôí leur cuisses pour s’en servirau lieu de scies. Elles périssent encore d’une autre maniéré. Levent les énleve par troupes, Sc ies précipite dans là mer ( 18 ) ou dansles lacs & les étangs j ce qui ne peut s’attribuer qu’au pur hasard,8c non parcequ’elles auroient eu les ailes trempées de la roséenocturne , comme se le sont figuré quelques - uns , qui pen-sent auffi qu’elles ne sauroient voler de nuit, à cause du froid.Mais ces Auteurs ne savoient pas qu’elles traversent ainsi unegrande étendue de mer, &, ce qui est plus merveilleux encore,qu elles supportent la faim pendant plusieurs jours de fuite, avantde parvenir à des pâturages lointains, qu’elles savent très bienaller chercher. On regarde leur venue comme un fléau, commeune marque de la colere divine. En esset, on en voit d’une gros-seur démesurée; & d’ailleurs elles font, en volant, un si grandbruit avec leurs ailes , qu’on les prendroit pour des oiseaux.En outre, leur nombre est si prodigieux, qu’il éclipse le soleil.Aussi chaque peuple les regarde avec étonnement, & tremblepour le territoire où elles viennent se poser. Elles ont tant deforce, que, comme fi c’étoit peu pour elles d’avoir franchi lesmers, elles traversent encore des contrées immenses, qu’ellescouvrent comme une nuée, brûlant, ravageant les moissons par-tout où elles s’arrêtent, & rongeant exactement tout, jusqu’auxportes des maisons. L’Italie (ip) est souvent infestée de celles
ut examinibus suis agros lad operirent:ad quam pejlemfrugum tollendam , à c.Tite Live, 1 . 41, p. i 3 Z -hsstole citeplusieurs exemples d’armees de saute^-relles qui ont ravagé les maillons oel'Allemagne &t de la Pologne , Dise. 5,■p. 7 6. Tavernier, témoin oculaire,atteste que la ville de l’Asie que les
Anciens nommoient Térédon, est qua-tre ou cinq fois l’an couverte de saute--relles, qui ravagent cette ville & toutela campagne adjacente, & qui ensuitesont emportées par les vents dans lesdeserts#, où elles périssent. Voyez sesVoyages, tom. 1 , 1 . 2, p- 1J 7 *
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