HISTOIRE NATURELLE, L I V. XI. 337
Romaine, s’appelloit anciennement galerita (8), à cause de facrête. Nous avons parlé ci-devant de l'oiseau à qui la Naturea donné une crête pliante (9). Celle des poules d’eau (10) estcouchée (u) fur le milieu de la tête, Le prend depuis le bec;celle du pivert (11*) Sc de lagrue Baléarique(n) est une touffe.Mais la plus singulière de toutes est celle des coqs ; elle estmassive Sc dentelée : on ne sauroit dire néanmoins que ce foieproprement de la chair, ou un cartilage, ou une callosité; c’estplutôt une matière particulière. Quant aux crêtes des dragons,il ne fe trouve personne (13) qui en ait vu.
Plusieurs poissons, tant de mer que d’eau douce, ont des cor-nes, qui font faites de différentes maniérés. II en faut dire autantde plusieurs serpents (14). Cependant les cornes, à proprementparler, appartiennent aux quadrupedes. Car je regarde commefabuleuse l'aventure d’Actéon (15) chez les Poètes Grecs, Scmême celle de Cipus (16) chez les Historiens (17) Latins. IL
marum cirro ab utrìusque aurìs fi de de-mi jso deinde nigritie totius partis collianterioris ... Nec magnitudine commu-nibus gruibus par eji. Consultez , chezce même Ecrivain , ce qu’il dit de ladocilité de cet animal, & de son atta-chement pour l’homme.
(13) Si ce n’est Apollonius de Tyane,chez Philostrate , liv. 3 , ch. 2 ; maisl’autorité est austì suspecte que le fait.
(14) Aristote, Hijl. Anim. 1. 2,ch. 7 , p. 174, écrit qu’autour de The-bes , en Egypte, on volt des serpentsqui ont à la tête je ne fais quelles fail-lies en forme de cornes. Albert leGrand, de Anim. 1. 2 , tr. 1 , ch. 3 ,p. 1 o 1, décrit, d’après Avicenne, cesserpents cornus, & la maniéré dontils naissent.
( (15) Consultez , sur la fable d’Ac-teon changé en cerf par la colere deDiane, Palephat, de incredíbil. p. 9 jHygin, fable 180; Eulgence, My-Torne II ^
tholog. 1. 3 , ch. d’Actéon ; les Commen-taires d’Apollonius j 1- 4 3 les Méta-morphoses d’Ovide fi 3 , &c. Aureste,
Jean Schenckius, Obfirv. Medic. p. 14,a recueilli plusieurs exemples d’hom-mes auxquels il étoit venu des cornes.M. Valmont de Bomare, T. 2, p. 3 09,fait aulïi mention d’un homme du paysdu Maine, à qui, du tems de Henri IV",on trouva qu’il étoit poussé une cornecannelée au côté droit de la tête 3 cequi savoir réduit à fe cacher dans uneforêt.
(16) Ecoutons Valere Maxime ,1. 5 , ch. 6 : Genucio Cipo Prœtori palu-dato portam egredienti 3 novi & inauditigeneris prodigium incidit, namque inca-pite ejus subito quas cornua emerserunt :responsumque est regem eum fore si in ur-bem revertisset; quod ne accideret } volun-tariumfibimet ac perpetuum indixit exi-lium.
(17) Les manuscrits portent in La-
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