HISTOIRE NATURELLE, -Hv. xi. 3 6f
d’avoir la derniere vue des yeux d’un homme mourant, Lc quece scroit un crime d’en priver le ciel. Entre tous les animaux,rhoxrune est: le seul dont les yeux se dépravent (159). De là lessurnoms de Strabon (160) &. de P Mus (161) que donnoient lesRomains à ceux qui étoient plus ou moins louches. Ils appel-loient Coclires (1 6i) ceux qui naissoient borgnes, Ocelles (163)Ceux qui avoient les yeux petits, Luscins (164) ceux qui avoientété éborgnés par violence.
Les animaux qui cheminent de nuit, comme les chats, ontles yeux si brillants & si étincelants dans l’obscurité, qu’il n’estpas possible d’en soutenir l’éclat. Ceux des chevres (165) Le desloups (1 66) reluisent pareillement, èí jettent des rayons. Ceuxdes veaux marins & des hyenes (167) changent à tout momentde couleur. II y a aussi plusieurs poissons dont les yeux, étantsecs, brillent dans l’obscurité, comme sait le bois pourri dequelques vieux troncs d’arbre. Nous avons déja dit (1 68) queles animaux qui ne peuvent tourner les yeux pour regarder, fanstourner en même tems route la tête, ne clignent point les yeux.On dit que les caméléons (169) tournent entièrement les leurs.Les cancres regardent obliquement. Tous les poissons crusta-cées (170) ont les yeux inflexibles. Les langoustes (171) Sc lessquilles (171), qui, pour (173) la plupart, font pareillement
non minus cernere quàm interdiu.
(i£><í) Sur facilité de la vue du loup,consultez Elien, Manuel Phile , Scd’ autres cités par Bochart, de anim.part. 1 ,1. 3 ,ch. 10, p. 8 z 6 .
(167) Pline ,au 1 . 8 , chap. 30, enparlant de l’hyene, a déja dit : Oculismille esse varietates tradunt 3 &c.
(168) Aul. 8 , ch. 30, t. 3,p. 416 ,Jigne 9 , où Pline , en parlant de1 hyene, ou de la crocote qui est leproduit de l’hyene Sc du lion, a dit/4.CICS eiperpetua.
(169) Pline, au livre 8 , chap. 33 ,
a dit, en parlant du caméléon, non pu*pilla motu se d totius oculi versationecircumspicit.
(170) Nous en avons traité au 1 . o ;chap. z 8, & fur la fin du ch. 3 0.
(171) Voyez, fur la langouste, lechap. 31 du neuvieme livre , notes %Sc 9.
(17Z) Pline a parlé des squilles aw1. 9, ch. 5 r.
í 1 73) Au 1. 9, ch. ji, p. 716, £l’avant-derniere ligne du texte, Plineparoît faire mention d’une forte delangoustes Sc de squilles molles.