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Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XII. J09

Au reste , il est étonnant que l’usage du poivre ait tant decharmes. II y a des choses qui se font souhaiter par leur bon.goût, d’autres à raison de leur beauté : mais le poivre n’a nil’un ni Pautre. Son âcreté feule le rend agréable, Le cette âcretéest cause qu’on va le chercher jusqu’aux Indes. Quel est celuiqui se hasarda d’en manger le premier? S’il ne vouloir qu’avoirgrand appétit, n’avoit-il pas la restource de faire dicte? Le poi-vre Sc le gingembre sont regardés comme des fruits sauvagesdans les pays où ils croissent, Sc néanmoins on les vend aupoids, de même que Por Sc Pargent. II y a actuellement despoivriers en Italie, qui sont un peu plus grands que des myr-tes, Sc qui leur ressemblent assez. On prétend que leur poivre,employé, a la même âcreté que le poivre des Indes nouveaucueilli ; car il n’est pas confit par la chaleur du soleil commecelui des Indes , c’est pourquoi auífiil n’est ni noir ni ridé commeCelui-là. On falsifie le poivre en y mêlant des baies de genievre,qui en prennent très bien le goût : Sc on sc sert de plusieursartifices pour le rendre plus pesant.

II vient aussi des Indes une sorte d’aromate appellée girofle (9):c’est un grain qui ressemble à celui du poivre, mais qui est plusgros, Sc plus aisé à concasser. On dit qu’il croît dans une forêtconsacrée aux Dieux. On ne Pemploie qu’à titre de matièreodorante. L’Inde produit un arbre épineux (10) qui porte unfruit semblable au poivre , Sc très acre. Ses feuilles sont petitesSc épaisses, comme celles du cypre (10*); ses branches ont troiscoudées de longueur; son écorce est pâle; fa racine est place ,ligneuse , Sc de la couleur du buis. De cette racine infuséedans l’eau , avec la graine , dans un vaisseau de cuivre , Scensuite exprimée , on fait un médicament appellé lycion ( 11 ),.II croît en Thessalie, sur le mont Pélion , un arbre épineuxnommé de même que celui des Indes, Sc dont on se sert pourfalsifier le lycion. On emploie aussi à cet esset la racine d’aípho-dele , le fiel de bœuf, l’abstnthe, le sirmach. La bonté du lycionse connoît quand il est écumeux. Les Indiens renvoient dans

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