Band 
Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XII. S Ì9

boules d’encens stagonies (35) & atomes (36), & ils appellentl’encens menu orobie (37). Quant aux miettes qui s e détachentdes autres grains en les secouant , on leur donne le nom demanne (38). Au reste, on trouve encore aujourd’hui des gouttesd’encens qui pefent le tiers d’une livre (39), c'est-à-dire le poidsde vingt-huit deniers (40). Un jour qu’AleXandre le Grand (41),encore tout jeune, prodiguoit l’encens fur les autels des Dieuxdans un sacrifice, Léonide , son Gouverneur, l’en reprit, & luidit d’attendre, pour en user de la sorte, qu’il eût subjugué lespays qui produisent l’encens. Dans la fuite Alexandre, étantdevenu maître de l’Arabie, envoya à Léonide un vaisseau chargéd’encens, en l’exhortant à faire dorénavant aux Dieux des sacri-fices oû l’encens ne fût plus épargné.

Quand la récolte de l’encens est achevée , on le transportesur des chameaux à Sabota, capitale du pays, & on l’y fait en-trer par une porte uniquement consacrée à cet usage. II est dé-fendu aux conducteurs, fous peine de la vie, de s’écarter de laroute prescrite. A Sabota les Prêtres du Dieu Sabis (41) prennent

maniques, signifient conflictus : orPline observe ici que l’encens manne estle produit du conflict & de Infécondsmutuelle des grains d’encens entiers.

(3 9) Theophraste , ibid.

(40) Au livre 3 3, fur la fin du cha-pitre 9 , Pline articule expressémentque la livre Romaine est de quatre-vingt-quatre deniers 3 ce qui donnevingt-huit deniers pour le tiers. Or,en cet endroit, notre Auteur emploiele mot de mine dans le sens de livreRomaine, & non dans le sens de lamine Grecque, qui étoit de cent drach-mes. En effet, le tiers de cent seroittrente-trois, plus une fraéhon, & nonpas vingt-huit. Or cette leçon xxvmest celle des meilleurs manuscrits.

(41) Plutarque, Jpoptkegm. p. 179.

(42) Sabis c’est le Soleil, selonThéo-phraste, Hift. Plant. liv. 9, chap. 4.Mais d’a utres en font Jupiter, selonPline, chap. 17, où notre Auteur ob-serve que ceux qui en font Jupiter neRappellent point Sabis j mais JJflabi-nus. Ce qui a fait croire à Theophrasteque Sabis étoit le Soleil, c’est queapi , en langue Orientale, signifie feu,comme j’ai déja eu occasion de l’obser-ver. Au reste, ce Salis n’est autre quele Sabus des Sabins, Dieu dont parleSilius Italicus , & que d’autres nom-ment Sangus , Divinité que nousavons dit & prouvé , dans les livresprécédents , n’être autre que l’HerculeSabin : &, d’autre part, ce Dieu Sabisdes Arabes Sabéens n’est au tre qa Ha-bis j c’est-à-dire l’Hercule.. Celtibere.Yyyij