HISTOIRE NATURELLE, LIV. XII. _f8J
Du balsamum ( ou baume ), de I' 'opo-baljamum , du xylo-balsamum , du ftyrax , & du galbanum.
Mais, de toutes les bonnes odeurs, la plus estimée c’estle baume (ï). L’arbre qui produit cette précieuse liqueur necroît que dans la feule Judée (2) : anciennement même on nePy trouvoit que dans deux jardins qui appartenoienc tous deuxaux Rois du pays , ôc dont l’un ne contenoit que vingt ar-pents , ôc Pautre encore moins. Les Empereurs Vefpasien ôcTitus ont fait voir cet arbre (3) à Rome. Car, ce qui est re-marquable , nous avons mené jufqu’à des arbres en triomphe,depuis que le grand Pompée (4) en a donné Pexemple. Main-tenant Parbre du baume est esclave ôc tributaire avec toute lanation Judaïque. Du reste, il est tout autre que les Latins Ôcmême les Grecs ne Pont décrit; car il reííemble plus à la vi-gne qu’au myrte. On le plante par marcottes (5), ainsi que lavigne , ôc on le lie d’abord comme un jeune cep : ensuite iln’a plus besoin d’appui, ôc il couvre les coteaux, de la mêmefaçon que les vignes (6) qui se soutiennent sans échalas. On le
„ découle des arbres est très rare dans» ces pays-ci, parcequ’il est employé» par les Grands de la Mecque & de» Constantinople. L’autre espece est« celle qui surnage à la premiere ébul--, lition , & qui surnage sur seau dans-- laquelle on fait bouillir les ra-« meaux & les feuilles du baumier.» Cerre secon de espece est comme une„ huile limpide & fluide, & est réser-„ yée pour l’usage des dames Tur-„ ques, qui s’en serveur pour adoucir„ la peau ; auffi ne nous parvient-elle» que par le moyen des Grands, qui-> en font des présents. L’huile qui" surnage après la premiere ébulli-» tion , est la plus épaisse & la moins
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» odorante. Elle est apportée par les» caravanes ; & c est le baume blanc» le plus commun „. Consultez ,chez le même Savant , les proprié-tés merveilleuses du baume contrela peste, contre la stérilité, 6 c pourle traitement des plaies.
(;) Tous les manuscrits portentarbutum ; les éditions, arbusculam.
(4) Nous avons vu, auchapitre 4,que Pompée, dans son triomphe Mi-thridatique, fit voir de l’ébene.
(5) Solin, chap. 3 5 , p. 6;.
( 6 ) Justin, liv. 3 6, écrit que le bau-mier se cultive & se traite comme lavigne.
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