HISTOIRE NATURELLE, L IV. XIII. $
Troye il n’y avoir point encore de parfums (i) , & qu’on n’of-froit point d’encens dans les sacrifices ; on n’y employoit que lafumée (2) odoriférante des cedres & des citronniers, qui étoientdes arbres communs en ce pays-là. Toutefois le suc de rosesétoit déja connu alors (3) ; & Homere le fait entrer dans lacombinaison d’une huile délicieuse. L’invention des parfums estdue aux Perses (4), lesquels vont ordinairement parfumés , afinde corriger, par le moyen de ces odeurs empruntées, la mau-vaise haleine que leur font contracter les excès de table où ilsfe livrent. La premiere cassette ( 5 ) de parfum dont je trouvequ’il soit fait mention dans les Histoires , c’est celle que pritAlexandre parmi les autres dépouilles de Darius, après la défaitede ce Prince. Dans la fuite Tissage des parfums s’introduisit auíììchez les Romains , & fut regardé comme un des plus grands& en mcrne tems un des plus honnêtes plaisirs de la vie ; on envint même jufqu’à parfumer les morts (6). C’est pourquoi nou^traiterons ici amplement des parfums , je veux dire de ceux quifont tirés des arbrisseaux : & , quant a ceux qui n’en font pastirés, nous nous contenterons , pour le présent , de les indiquerpar leurs noms, nous réservant d’expliquer ailleurs la nature desingrédients dont ils font composés.
Les parfums ont pris leurs divers noms, ou du lieu de leur fa-brique , ou des huiles qui entrent dans leur composition , ou des
pour Tempêcher de fe corrompre.Iliad. liv. 2 3 , v. 18 6 :
Sed canes quidem abegit Jovis filia VenusDie ac nocte ab Hectore , rosaccoque unxit oleoDivino , Lcc.
Le Pere Hardouin ni les autres Criti-ques n’avoient point pris garde àcette méprise de Pline.
(4) Jeîis au texte , avec les manus-crits Royaux & Colbertins, unguen-tum Persarum genti se debet. D’autres
lisent, Persarum ese debet gentis un-guentum.
(5) Solin, chap. 46, p. 74 , dit Iamême chose. Pline a déja parlé de cettecassette de Darius, au liv. 7, ch. 19.
(6) C’est à quoi fait allusion l’Epi-gramme 12 du liv. 3 de Martial:
Unguentum , fateor , bonum dedistiConvivis, here ; sed nihil scidisti.
Res salsa est bene olete & esurite.
Qui non ccenat > & ungitur , Fabulle #
Is verò mihi mortuus videtur.