histoire NATURELLE, L I V. XIII. 7
arbres qui en fournissent la matière , ou de quelque autre raison (7).Mais il faut observer, avant toutes choies, que les mêmes par-fums n’ont pas toujours été en vogue , & que souvent les unsont pris la place des autres. Anciennement les parfums de l'iilede Uélos étoient les plus estimés ; ensuite ce furent ceux deMendès en Egypte : & cela ne provenoit pas feulement de la.diversité des compositions, mais aussi de la qualité des drogues ,lesquelles étoient beaucoup meilleures dans un pays que dansun autre. Le parfum d’iris ( 8 ) qui fe faifoit à Corinthe, futlong-tems le plus recherché ; ensuite ce fut celui qui fe fai-foit à Cyzique (9). De même le parfum de roses (10), qui fecompofoit à Phasele (11) , en Pamphylie, a joui d’une longuevogue'; rtïais enfin Naples (12), Capoue &: Preneste lui enle-vèrent cette gloire. Le parfum de safran (13) qui fe préparoità Soles, en Cilicie , fut long-tems le plus célébré ; ensuite cefut celui de Rhodes. Le parfum d’oenanthe ( 14}, préparé dansliste de Chypre (15), a eu le premier rang , jusquau tems oùon lui a préféré celui d’Adramytte. Le parfum de marjolaine (16),fait dans l’iste de Co (17), a été en réputation; mais on lui .apréféré depuis celui de pommes de coings (18), qui fe prépa-roit dans la même ille. Le parfum cyprin (19) de l’iste de Chyprefut d’abord le plus estimé ; mais celui de Mendès en Egypte ,& le métopion (10) , ne tarderent pas à lui ravir cet avantage.
paroît démentir le texte d’Apollonius,chez Athénée , ìbid. car cet Auteur ,à propos de ce parfum , parle unique-ment d’Adramytte & de Chypre. Nousavons déja parlé de l’œnanthe au livreprécédent, chap. z8.
(16) Nous traiterons de la marjo-laine , liv. 2i, chap. 28.
(17) Apollonius, ibid.
(.18) Apollonius le désigne fous lenom de Melinonj ce qui peut auísi si-gnifier un parfum fait à Melos : & laconstruction de fa phrase paroît pré-
senter ce sens. II reste à savoir si c’estlui ou Pline qui s’est trompé.
(19) Qui fe tiroir de l’arbre nommécypre , qui croît en Egypte , & dontnous avons parlé au livre précédent,chap. 24. Apollonius fait austi mentionde ce parfum.
(20) C’est le même parfum mêlé degalbanum , gomme-résine qui fe rired’un arbre nommé en Egypte meto-pion , selon Diofcoride. Mais ce motest Grec, & signifie transparent, dia-phane j ainsi c’est une denominatio»