HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIII. IA
maintenir long-tems, comme ( 9 ) l’huile d’amande en est unepreuve. Plus aussi les parfums font gardés, meilleurs ils font. Lesoleil leur est nuisible (10) : c’est pourquoi on les tient (11) âsombre dans des vaisseaux de plomb. Quand on veut les éprou-ver , on s’en frotte le dehors ou dos de la main ; car la chaleur dela paume de la main leur feroit beaucoup de tort ( 1 r.).
D u luxe des parfums porté à l'excìs. Quand il commençaà s'introduire à Rome.
A u reste, les parfums font la matière d’un luxe qui est cer-tainement le plus superflu de tous. J’avoue que les perles & lespierres précieuses font une dépense excessive ; mais au moinsc’est un bien solide, &: qui passe aux héritiers. Les habits mê-mes durent un certain tems appréciable ; mais les parfums nedurent que quelques heures , & s’évaporent en un clin d’œil.Leur plus grand mérite , c’est que quand une femme parfuméepasse dans la rue, cette odeur vient flatter ceux même qui s’oc-cupent le moins du foin de fe procurer de tels plaisirs. Etnéanmoins une livre de parfum fe vend plus de quarante de-niers ( 1 ) , tant le plaisir d’autrui coûte cher ; car celui qui estparfumé ne sent pas l’odeur de son parfum. II y a de la diffé-rence entre les parfums. Cicéron dit (2.) quelque part que ceux
Hardouin , d’après Theophraste , pro-pose de lire conduntur. J’ai adoptécette réforme, sinon dans le texte , dumoins dans ma traduction.
(11) Théophraste, ihid.
( i ) Seize livres, monnoie de France,(a) Dans un ouvrage aujourd’huiperdu dont le texte est cité par Pli-ne , liv. 17. Voyez la fin de cette note.Cicéron dit auffi à-peu-près la mêmechose au Uvre <U Oratore 3 sect. 69 :
Licet hoc videre in reliquis sensibus yunguentis minus diu nos delectari 3 sum-ma & acerrimasuavitate conditis S quàmhis moderatis : & magis laudari quodterram quàm quod crocum olere videa-tur. Au reste , Brodreus, in Miscella-neis y & après lui Saumaise & Scaliger,au lieu de terram 3 lisent ceram tantchez Pline que chez Cicéron : maisPline luí-même les dément, liv. 17,en écrivant : Certi Cicero 3 lux doclri-
Cij
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