Band 
Tome cinquieme.
JPEG-Download
 

histoire NATURELLE, LIV. XIII. 25

dattes d’Afrique sont douces ; mais cette douceur se perd presqueaussi-tôt que le fruit esta son point. II n’enest pas de même des dattesde l’Orient. On en fait du vin ; quelques peuples ( 3 ) en font même aussidu pain, &: plusieurs en nourrissent jusqu a leurs bestiaux. Cette disse-rence absolue dans le régime des palmiers, selon les divers pays oùon les cultive, fait assez voir qu ils font des productions étrangères àl'égard denos contrées. Aucun palmier ne vient de lui-même dansTItalie , ni dans tout autre pays , à moins que ce ne soit un payschaud. Mais les palmiers qui portent du fruit ne viennent que dansles contrées extrêmement chaudes.

Le palmier croît dans des terres légeres &: sablonneuses (4),& fur-tout nitreuses. II aime cependant l’eau (y) ; & dans les an-nées de sécheresse ( 6 ), il faut l’arrofer toute Tannée. On estime (7)que le fumier lui est contraire (8): & en effet, il est nuisible àcertains palmiers d’Assyrie, lorsqu on néglige de faire des rigolesd’eau pour noyer cet engrais. II y a plusieurs fortes de palmiers.Les uns, qui ne font pas plus hauts que des arbustes, jettent depetites branches en rond, & ont beaucoup de feuilles : ils fontstériles en quelques endroits, & fertiles en d'autres : on s’enfert,la plupart du tems, à revêtir les murailles (9), & a les préserverdes pluies. Les autres font des arbres de grande efpece ; on entrouve des forêts entieres : leurs feuilles sont pointues & dispo-sées en peigne ; elles sortent du tronc même de l’arbre , & s’yrangent tout à Tentour. Ces grands palmiers doivent être regar-dés comme sauvages : toutefois ils ne laissent pas de se mêlerindifféremment avec les palmiers ; mais c’est un caprice de leur

(9) Je pense que Pline a voulu direqu’on les coupoit en petites planchesqu’on disposoit les unes fur les autrescomme les tuiles d’un toit, pour queTeau glissât dessus , & ne corrompîtpoint les murs : ou bien on pourroitcroire que ces palmiers nains, mais deforme épanouie, écoient plantés dans

Tome T,

de petites caisses fur le haut du murpour lui servir d’auvent en tout sens.Le Pere Hardouin a compris qu’on lesplantoir en espaliers le long du mur.Mais des arbres nains, plantés en es-paliers, ne font guere propres à garamtir une muraille des injures de lapluie.

D