HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIII. 45
espece ; mais le térébinthe femelle en a deux, dont l’une donneun fruit rouge qui n’est pas plus gros qu’une lentille , fautreun fruit pâle ( 4 ) de la grosseur dune feve. Ce dernier fruitmûrit en même tems (5) que le raisin ; il est gommeux duneodeur très agréable. Vers le mont Ida ( 6 ) en Troade, & dans laMacédoine , cet arbre est petit ; ce qui ne l’empêclie pas de jetterbeaucoup de branches : mais aux environs de Damas en Syrie , ilest grand. Son bois est très souple (7), & dure très long-tems : ilest luisant & noir. Ses fleurs font par grappes (8) comme cellesde folivier ; mais elles font rouges. Ses feuilles font ferrées (9)les unes contre les autres. II produit des vésicules (10) d’où sor-tent certains moucherons ; & son écorce jette une liqueur gluante& résineuse.
Le rhus (n) mâle (12) de Syrie produit aussi quelque chose;mais le rhus femelle est stérile. Les feuilles de cet arbre font commecelles de forme, mais un peu plus longues & velues, & poséesdirectement les unes vis-à-vis des autres. Les branches font courtes& menues. Les feuilles fervent à teindre les peaux blanches (13).La graine ( 14) ressemble à des lentilles, & devient rouge en mêmetems que le raisin. On la nomme rhus de même que f arbre ; &fa vertu est singulière en médecine (15).
ferve que Columelle & Palladius ontfait mention du rhus Syriacus maisqu’on lit chez eux, par la faute desCopistes & des Editeurs, ros Syriacus 3au lieu de rous ou rhus Syriacus.
(12) Ceci, & ce qui fuit, se trouvechez Theophraste , ibid.
(13) Theophraste , ibid. Sc Diosco-ride , liv. 1 , chap. 147.
(14) Ou plutôt le fruit; & c’estpeut-être ainsi au’ii faudroit traduire :du moins Theophraste emploie-t-il icile mot Kctpwóç , dont c’est le sens di-red.
(15) Voyez Galien, tówkí > li-vre 6 , chap. 1 ; & Pline, liv. 24, cha-pitre 24.