HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIII. io$
Quelquefois néanmoins, en les purgeant abondamment & bienpromptement, on les tire d’affaire.
Cornelius Alexander a laissé par écrit que le vaisseau des Ar-gonautes étoit fait du bois d’un arbre qu’il appelle eon (4), & qu’ildit être semblable au rouvre ou chêne dur qui porte le gui, &qui ne fauroit être consumé ni par seau ni par le feu , non plusque le gui. Mais je ne sache personne autre qui ait connu cetarbre.
Presque tous les Grecs prennent l’adrachnê (5) pour le pourpier,qui est une herbe. C’est une méprise de leur part j car le vrai nomde cette herbe, en leur langue, est andrachnè (6), avec une seulelettre de plus. L’adrachnê est un arbre sauvage qui ne croît pointdans les plaines, & qui ressemble beaucoup à l’arbouíier (7), íi cen’est que fa feuille (8) est plus petite , & ne tombe jamais. Sonécorce n’est point raboteuse, mais paroît comme gercée(9) ; auissest-elle fort désagréable à la vue.
L’arbre coccygie (10) ressemble, par son feuillage, à l’arbou-sier, mais n’est pas st grand. II a cela de particulier, que son fruitse perd en duvet ; ce qui n’arrive à aucun arbre ( 11 ). Apharee ( 1 z)
(8) C’est; l’arbre même que Theo-phraste dit être moindre que l’arbou-sier , sans comparer les feuilles de l’unà celles de l’autre pour la grandeur. Enester, si on les compare feuillage àfeuillage , on s’assurera que les feuillesde l’adrachnê font plus grandes & pluslarges que celles de l’arbousier. VoyezTheophraste , Hijl. Plant. liv. 3 , cha-pitre 1 6 3 & Clusius , ciré note 5.
(9) Cette gerçure est chez elle l’effetdes chaleurs &c du hâle de l’été, & nonl’effet du froid. L’expresiîon dont s’estservi Pline ne paroît pas la plus justenon plus que celle qu’a employé Théo-phraste, ibìd.
(10) Hésychius en fait une plante,
& la nomme coccyx. Dans le Plined’Elzévire, on lit ici coggygria , aulieu de coccygia : c’est une leçon vi-cieuse. Cet arbre, au reste , est peuconnu.
(1 j.) Cependant Dioscoride , liv.p. 150, remarque la même chose à Pc-gard de la brya sylvejlris dont on aparlé au chapitre précédent, note 8.Le Pere Hardouin observe que le fruitdu saule se tourne pareillement en unesorte de filasse.
(12) Arbre aussi peu connu que leprécédent. Au reste , ceci paroît em-prunté de Théophraste, Hijl. Plantaliv. 3 , chap. 6.