histoire naturelle, liv. xiv, ij9
sont contraires (37) après la rosée. II n’est aucune vigne quis’accommode moins du terroir d’Italie : aussi le raiíìn quelle yproduit est clair , petit , & pourrit bientôt ; & le vin qu’ildonne ne passe pas un été : mais il n’y a point de plant quivienne mieux dans les terroirs maigres. Graxinus (38), qui atranscrit Cornelius Celsus , croit que ce plant réussiroit assez bienen Italie; que ce qui l’en empêche , c’est la maniéré dont on lecultive, sur-tout l’habitude où l’on est de lui faire jetter trop debois ; & que par cette railon il s’épuiseroit bientôt st la fertilité& la bonté extrême d’un tel terroir ne le conservoit. On pré-tend qu’il ne craint point la bruine (39) ; ce qui est un grandavantage : II toutefois on peut dire qu’il y ait au monde un plantde vigne qui puiste, fans restriction, braver les injures de bai r.
lie raisin nommé spionien (40), &, par quelques-uns, épineux,supporte très bien la chaleur ; & néanmoins il se nourrit à vued’œil par les pluies &: par l’humidité de l’automne. II est mêmele seul a qui les brouillards fassent du bien : c’est pourquoi il réussitparticulièrement dans le territoire (41) de Ravenne. Le plantnommé vénicle (41) est un de ceux qui souffrent le moins de lacrise du défleurissement ; & le raisin qu’il produit se garde forebien dans des pots de terre (43). Dans la Campanie on l’appelle-
de raisin. On ignore si cela se pratiqueencore dans quelques endroits d’Italie :mais une des meilleures maniérésqu’onait trouvées jusqu’ici pour con-ierver le raisin, a été de choisir unlieu sec , de cueillir ces raisins un peuverds, de les étendre fur clés planchespendant une quinzaine de jours, pourqu’ils puissent perdre un peu de leurhumidité ; & enluite de les enfermerentre des papiers dans des caisses oudes tiroirs pour les y défendre du con-tact de l’air , & en diminuer la déper-dition des sucs, àpeu-près comme le
doivent faire, du moins en partie , lescruches dont parle Pline. Notre Au-teur a recommandé ausiî plus haut demettre du marc de raisin dans îa cru-che, de façon que les raisins en grap-pes se trouvassent exposés à la vapeurspiritueuse qui s’en. exhaloit. Nouscroyons que cette pratique pourroitd’autant mieux réussir en France ,qu’on nous a dit avoir conservé desraisins un très long rems dans des cru-ches dont le fond pouvoir contenirquelques pouces d’une liqueur spiri-tueuse 3/ à la vapeur de laquelle on fus-