HISTOIRE NATURELLE, L IV. XIV. 247
poix, asin de leur donner de l’odeur Sc du goût. On croît néan-moins que la rétine nouvelle Sc crue produit encore mieux ceteffet, Sc quelle donne de la force aux vins trop foibles. On pré-tend , au contraire, que la rétine cuite adoucit ceux qui font tropviolents , Sc les rend moins fumeux; Sc quelle donne de la vi-gueur Sc du feu à ceux qui en manquent. C’est principalementdans la Ligurie, Sc aux environs du Pô, qu’on fe sert utilement:de cette pratique, laquelle consiste à mettre plus de résine dansles vins forts, Sc moins dans les vins foibles. Quelques-uns veu-lent que, pour accommoder les vins, on fe serve en même temsde résine crue Sc de résine cuite j ou qu’à la place de résine ou depoix, on fe serve d’une décoction de moût. II y a des lieux où lesvins fe gâtent lorfqu’ils bouillent d’eux-mêmes une seconde fois ;car cela leur fait perdre entièrement leur goût, «Sc les convertiten vins tournés ou éventés. Les Latins les appellent alors vappa ,nom ignominieux qu ils donnent aussi aux gens débauchés (15)ÔC corrompus. Quant au vinaigre, quoiqu’il ait un goût très pi-quant , il ne laisse pas d’avoir beaucoup de vertu Sc d’utilité , S cil est même du nombre des choses de premiere nécessité , une des-douceurs essentielles (1 6) de la vie.
Au reste, on a pouffé fort loin les recherches en fait d'accom-modages du vin ; tellement qu en certains endroits on y emploiede la cendre au lieu de plâtre dont on fe sert ailleurs, Sc des-autres moyens dont nous avons parlé. Mais on préféré la cendrede sarment de vigne, ou celle de chêne. On emploie même, pourcet effet, seau marine (17) puisée en haute mer vers f équinoxede Mars, ou gardée depuis ce tems-là, ou puisée de nuit vers lesolstice d’été , Sc lorsque le vent du nord souffle : ou bien, si ellen’a été puisée que vers le tems de la vendange, on ne l’emploiequ’après savoir fait bouillir.
En Italie, la poix que l’on estime le plus pour poisser les ton-neaux où l’on met le vin, c’est la poix de Brutium (18), Elle fefait avec la résine du picéa. En Espagne, la poix fe tire du pinsauvage j mais elle n’est point estimée, d’autant que la résine de cec