HISTOIRE NATURELLE, LIV. XfcV. $6\
soient les mains (io) de ceux qui les manioient. Plus on gardela noix, plus sa partie intérieure prend une consistance grasse.
Les noix ne different entre elles que par leur coquille, laquelleest dure ou tendre , mince ou épaisse, raboteuse ou lisse. Cettecoquille est compartie en deux ( ce qui est particulier à ceseul fruit), de sorte quelle ressemble à deux esquifs appliquésl’un contre l’autre. Le dedans de la noix est partagé en quatre,'au moyen dune membrane ligneuse.
Les grosses noisettes, ou avelines (í i), ainsi appellées du nomdune ville (n) de Campanie, font mises au rang des noix. Ellesfont rondes, &: ont la coquille d’une feule piece, ainsi que lenoyau que cette coquille renferme. Elies font venues de la pro-vince de Pont, L-t ont été apportées de là en Asie &: en Grece.Voilà pourquoi on les appelle aussi noix Pontiques (13). Ellesfont revêtues d’un duvet (14). On les rôtit de même que les noix.Elles ont un germe (iy) au milieu du noyau.
pour méla.chier ; car le nom du fruitest mêle: ce qui fait voir que, dansle mot amélanchier , a n’est que l’ar-ticle Celtibere joint abusivement aunom d’un arbre , &c cet article Cel-tibere & Britannique n’est autre quel’article Celtique ar adouci, & pro-noncé fans r. II cn faut dire autant del’ abricot j dont le nom est composé dece même article a , & debricot dérivéde brique ; car abricot signifie fruit bri-quet é , ou de couleur de brique . Detoute façon, je soupçonne que le nomd’aveiine ne vient point des villes nom-mées Avellanum , ou Abellinum ; maisplutôt que certains territoires de laCampanie furent appellésdeces noms,parceque cette forte de fruit y prove-nois abondamment : & tout lembleinviter à recevoir cette interprétation.
(1 f) D’autres entendent par Ponti-ca nuces les noix de l’Héraclée Ponti-
Tome V.
que, qui ne font autres que les châtai-gnes j & il étoit aster naturel de lesconfondre avec les avelines , en inter-prétant ce nom d’avelines dans le sensde noix velue , ou de fruit à écorce dure& velue. Or le nom de l’avelinepeutprésenter ce dernier sens. Voyez lanote suivante.
(14) Voilà de quoi justifier 1 'opi-nio n de ceux qui interpretent le motEspagnol a-velanapztfruit velu. Voy.la note 12.
(15) Ceci paroîtroit justifier l’in-terprétation que j’ai faite du mot ave-line au commencement de la note 11 ;car umbilicus _, comme l’observe judi-cieusement le Pere Hardouin, est icil’équivalent de germen : or j’ai fait voirqu ’abel^ en langue Orientale, signifiegermen. Sur quoi consultez le motAbel- mosch chez M. Val mon t de Bo-mare. On sait auslì qpp ab , en Hé-