HISTOIRE NATURELLE, L I V. XV. Z
Des sucs des fruits , & du bois même des arbres , des fruitsconsidérés Jelon leurs couleurs , leurs odeurs , & leurnature particulière. Observations curieuses fur pluseursfortes de fruits.
Les poires (1), les mûres (z), les myrtilles (3) , ont un sucvineux : Le ce suc, vineux par lui-même, ne se remarque pointdans les raisins ; ce qui est surprenant. Les olives, les baies delaurier , les noix, les amandes , ont un suc huileux. Celui desraisins, des figues, des dattes , est doux : celui des prunes estaqueux. II y a auísi beaucoup de variété dans la couleur du suc.Celui des mûres (4), des cerises, des cornouilles , des raifinsnoirs, est de couleur de sang ; mais celui des raisins blancs estblanc comme son enveloppe. Celui du sommet de la figue estlaiteux ; mais celui du corps de la figue est dune autre couleur.Le suc des pommes est écumeux. Les pêches n’en ont point, ex-cepté quelques especes, Sc principalement l’espece nommée dura-cine , qui en a beaucoup ; mais on ne sauroit dire de quelle cou-leur il est.
L’odeur des fruits n’est pas moins admirable par fa diversité.Les pommes ont une odeur qui pique, Sc les pêches ont une odeurtempérée : les fruits doux n’en ont aucune ; le vin doux lui-mêmen’en a point. Les vins fins en ont plus que les autres : aufli fait-on plus volontiers usage des vins fins que des vins gras. Au reste,les fruits qui ont le plus d’odeur ne font pas toujours les plusagréables au goût ; Sc cela , parceque l’odeur ne réglé pas la fa-veur, ni celle-ci celle-là. De là vient que les citrons ont uneodeur très piquante, tandis qu’ils ont un goût très âpre. II en est,en quelque façon , de même des pommes de coing : Sc quantaux figues, elles n’ont point d’odeur.
Ces considérations font propres à nous faire différencier lesgenres de fruits, Sc à démêler leurs especes : examinons main-
Bbbij