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Tome cinquieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVI. 4Z/

Le liege (15») est un fort petit arbre. Son gland est spongieux,&: ne vaut rien : on ne fait usage que de son écorce, dont l’épais-seur est considérable (10). Elle revient âpres (21) qu’on l’a enle-vée ; & il s’en trouve quelquefois de la longueur de dix pieds enquarté. On l’emploie fur-tout pour les cables des navires, pourles silets des pêcheurs, & pour les boudons (22) des tonneaux.Elle sert en outre à faire des semelles de souliers , a l’ufage aesDames, pendant l’hiver. C’est pourquoi les Grecs appellent asterplaisamment le liege l’arbre écorce (23). D’autres lui donnent lenom d’yeufe ( ou ilex ) femelle. En effet, dans les pays ou l'yeufene croît pas quelques-uns, au lieu de cet arbre, fe fervent duliege , fur-tout pour les ouvrages de charpenterie, comme auxenvirons d’Elis & de Lacédémone. Le liege ne croît pas par-touten Italie; & la Gaule en manque absolument (24).

De quels arbres lécorceJert à divers usages.

L’Écorce de hêtre, de tilleul, de sapin, de peste, est d’un grandusage parmi les gens de la campagne. Ils en font des paniers , descorbeilles, & des mannequins, pour porter leurs raisins & leursbleds: ils en couvrent aussi leurs chaumières (1). Les espionsdonnent aussi des avis aux Généraux qui les envoient, en incisant

à dériver ces dénominations Celtiques,Celto-Germaniques &Celtiberes, duLatin cortex. U est plutôt vraisembla-ble que cortex une écorce, est unmot que les Latins ont emprunté dukork j ou liege , des nations barbares.Sur quoi il faut fe rappeller que les Om-bres , le plus ancien peuple, peut-être,de toute l’Italie , étoient une colonieCeltique, comme le reconnoît MarcAntoine, estez Solin : Progeniem ve-terum G -diorum Umbros Marcus Anto-nius ajjeverat.

(24) Cette assertion est des plus faus-ses ; & Pline est tombé dans cette er-

reur de fait, fans doute d’après quel-que Ecrivain Grec , mal informé desproductions Celtiques. Le liege croîtde lui-même, & fans culture, dans lesprovinces méridionales de la France.Voyez Quiqueran, livre 1, fol. 50 ;Honor.jBouche j liv. i,cstap. 8 , p. 45 - rM: Valmont de Bomare , au motLiege j- &c.

(1) On en couvre même les maisonsen certains cantons de l’Espagne, selonM. Valmont de Bomare. On cstciíit,dit-il, pour cela Le liege en belles ta-bles , uni, peu noueux, n’étant peintcrevassé, d'une épaisseur moyenne ,,