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Tome cinquieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVI. 443- ' - . . . . .

sans résine. On s’en se r c pour bâtir des brigantins ou vaisseauxliburniques ( 11 ).

La pesse (iz) aime les montagnes & les lieux froids. C’est unarbre qui sert pour les funérailles (r 3): on en met une branche àla porte des maisons où il y a un mort j &£ on l’emploie tout verdpour les bûchers des morts. Néanmoins on en plante maintenantdans les jardins (14) des maisons, parcequil est aisé a tailler. IIrend une grande quantité de résine , laquelle forme des perlesblanches si semblables à l’encens , qu’il est impossible de les dis-tinguer à la vue ; ce qui prête une ample matière aux fraudes dela Séplasie (1 y).

Tous ces arbres ont la feuille courte, épaisse, &: dure commecelle de cyprès. La pesse commune jette des branches, pour ainsidire, dès le pied. Les branches de cet arbre, au reste, ne fontpas fort grandes, & il les jette par les côtés. Le sapin (16) en faitde même. Ce dernier est fort recherché pour la bâtisse des vais-seaux (17). II croît sur le plus haut des montagnes (18), commes’il cherchoit à éviter fa destination (15»), qui est d’aller habiterles mers. Sa forme n est point différente (io) de celle de la pesse.Son bois est excellent pour faire des poutres & différents ouvra-ges nécestaires â la société. L’écoulement de la résine du sapinest un vrai déchet pour l’arbre , au lieu que l’écoulement de larésine de la peste fait le produit le plus avantageux de celle-ci.

( 16) Le sapin, du moins le sapin fe-melle, c’est Relate thêleia de Theo-phraste, Hijl. Plant. liv. 3 3 chap. 10,selon le PereHardouin. Voyez sa des-cription chez Clusms, Hijl. Plant, li-vre 1, p. 3 4 3 & chez Marchiole , furle liv. 1 de Dioscoride, p. 107. LePere Hardouin approuve ces deux des-criptions.

(17) Ce qui fait dire à Virgile ,Çéorg. liv. z, v. 68 :

Casus abi;s visura marinos.

(18) Le même Virgile dit encore,Eglog- 7» v. 66:

Populus in fluviis , abies in montibus altis.

(19) M. Jault n’avoit point saisi l'es-prit de Pline en cette occasion. II avoittraduit ceu maria fugeret par comme s’ílavoit la mer en horreur.

(20) Ceci est confirmé par Mat-rhiole , au lieu cité note 16.

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