HISTOIRE NATURELLE, L! V. XVI. 47 J
en pointe : celai qu’on nomme (iz) olafire (c’est-à-dire duneodeur sauvage & désagréable ), &: qui n’est bon à rien ; & untroisième qu’on a nommé buis d’Italie. Ce dernier , à mon avis,n’est qu’un buis sauvage , perfectionné par la culture dans nos jar-dins. II s’étend beaucoup, reste toujours verd, & forme des haiesépaisses, que l’on tond (13) régulièrement. II y a beaucoup debuis fur les Pyrénées (14), fur le Cytore (15), &: fur le Berecyn-the (16). Celui de l’iíle de Corse, qui est très gros, produit unefleur aífez belle, mais qui communique son amertume à tout lemiel (17) du pays. Tous les animaux ont de l’avefíion (18) pouria graine du buis. Celui du mont Olympe, en Macédoine , est (19)menu & petit. Le buis, en général , aime les lieux froids &crudes (zo). Son bois résiste au feu presque autant que le fer (zij,& l’on retire peu d’utilité de sa flamme &: de son charbon.
ment cclebre par ses buis, que lespeignes de buis prenoient le nom deCytoriens ; témoin le vers d’Ovide,Métam. liv. 4 :
S*pè Cyroriacodklucic pectine crines.
(if>) C’est à cette production dumont Bérécynthe que Virgile fait al-lusion , lorfqu’il dit de Cybele, hono-rée fur cette montagne :
Bjxoíque vocat Hcrecynthia mater*
Nous avons traité de la contrée de Bé-récynthe en Phrygie, au liv. 5 , cha-pitre 2c). En général, le buis Phry-gien étoit fort renommé : c’est pour-quoi il est quelquefois fait mention ,chez les Auteurs, du buis Célénien ,c’est-à-dire du buis de Célene , an-cienne capitale de la Phrygie ; & c’estlà que furent inventées les flûtes debuis :
Foeda Celcncâ commitrerc prslia buxo,
a ditStace , Thébaìde z. EtClaudien,par allusion à ces flûtes de buis , a ditpareillement :
Si buxos inflire vtlito.
Tome /C
Ainsi quand Pline accuse le buis d’êtreune matière muette ,Jìleniio quodamil ne veut dire autre chose, sinon quece bois est plein , & qu’il ne travaillepoint en se déjettant avec bruit, com-me les autres bois.
(17) Plusieurs modernes ont voulunier qu’il y eût du miel amer ; maisTourneforta justisié Pline à cet égard.
(18) C’est à quoi M. Valmont deBomare ne fait point attention , lors-qu’il propose de planter le buis dansles remiíes , où il pou noir, dit-il,former une retraite commode pour legibier pendant l’hiver.
(19) Théophraste, Hifi. Plant, li-vre ; ,chap. 15.
(10) Je lis au texte aspera , d’aprèsThéophraste , ibid. &í non pas aprica ,leçon corrompue & fans vraisem-blance.
(aï) Voyez les notes 7 «Sc 8.
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