HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. $$$
TEurope, comme en toute autre chose : il n’y a point de meilleursroseaux pour faire des fléchés que ceux (17) qui croissent le longde la riviere de Reno, qui passe auprès de Bologne. Ils ont beau-coup de moelle, & font assez pesants : mais cette pesanteur n em-pêche pas leur vitesse, & elle leur sert de contrepoids contre laviolence du vent. Les roseaux de la Gaule Belgique ne sont pasíì bons : & les meilleurs de 1 ’iile de Crete font ceux dans lesquelsse rencontrent les mêmes qualités que dans les roseaux de Bologne.Mais ceux des Indes font encore plus estimés. Quelques-uns pen-sent quils font d’une autre nature, d’autant que les Indiens enfont des lances, en y ajoutant des pointes de fer. II est vrai queles roseaux des Indes font gros comme des arbres (18) : & ceuxque nous voyons dans les temples font communément de cettegrosseur. Les Indiens disent qu’il y a de la différence (18*) entreles roseaux mâles & les roseaux semelles ; que les premiers fontplus massifs, &: les seconds plus gros : & même, s’il faut ajouterfoi à ce que Ton (19) rapporte, chaque portion de roseau qui setrouve entre deux nœuds, est íi considérable quelle sert à faireune barque. Ces grands roseaux croissent principalement le longdu fleuve Acesine (zo).
Au reste, dans toutes fortes de roseaux, une seule racine (zi)donne naissance â plusieurs tiges j &c plus on les coupe, plus il enrevient. Les racines vivent long-tems, & font garnies de nœuds,ainsi que les tiges. Les seuls roseaux des Indes ont la feuille courte.Les feuilles de toutes fortes de roseaux naissent des nœuds, &embrassent la tige par plusieurs pellicules. Elles ne Tenveloppentordinairement que jusqu au milieu de Tespace qui est entre deuxnœuds ; & là, elles se penchent vers la terre. Elles naissent desdeux côtés du roseau, mais toujours alternativement, de façonque si Tune fort â droite, T autre sortira à gauche, mais du nœudd’eníuite, & ainsi tour-à-tour. De ces nodosités il fort quelquefoisaussi des branches qui font autant de petits roseaux.
de cette section , est emprunté de Theophraste., Hiji. Plant. liv. 4, chap. xz.
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