HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVII. 6/
faisant: naître à leurs yeux , des racines de plusieurs arbres, une
forêt de rejettons que l’arbre mere étouffe ensuite par (z 8) le trop
d’ombre qu’il leur donne : c’est ce qu o n peut remarquer dans leslauriers (2.9), les grenadiers, les platanes, les cerisiers, les pru-
niers ; & il n’y a que très peu d’arbres dont l’ombrage n’étoustepas leurs rejettons. Dans cette exception, il faut mettre les ormes
& les palmiers. Au reste, il ne vient des rejettons (30) qu’aux arbresdont les racines fe répandent à fleur de terre, par un certain attraitqu elles ont pour le soleil & pour la pluie. On ne met pas d’abordces jeunes plants dans la derniere terre où ils doivent (31) rester;auparavant on les nourrit dans une pepiniere, & on les y laistecroître jusqu à ce qu on les transporte ailleurs. Ce transport adou-cit merveilleusement les arbres, & même ceux qui font sauvages;soit que les arbres, ainsi que les hommes, aiment naturellementla nouveauté & à changer de lieu; soit que cette transmigrationleur faste perdre les mauvaises qualités qu’ils avoient; & qu à forcede les manier, lorfqu’on les arrache de terre avec leurs racines,,ils s’apprivoifent, pour ainstdire, comme les animaux.
Nous mettons au nombre des semences par rejettons, une autremaniéré de multiplier les arbres, également due à la Nature.Cette maniéré consiste (31*) à détacher les rejettons d’un arbreavec leurs talons, de telle forte qu’on enleve en même tems quel-ques petites radicules fibreuses (31). C’est ainsi (33) que l’on planteles grenadiers, les coudriers, les pommiers, les cormiers, les néf-liers , les frênes, les figuiers, & principalement les ceps de vigne.Toutefois, si l’on plante de la forte les coignassiers , ils s’abâtar-dissent (34) : mais on a inventé de planter leurs fions (35). Cela
V oyez auífi Theophraste , Hijt. Plant. (33) Theophraste , ib id.liv. 2, chap. 1. (34) Serunt aliqui cotoneam cacu»
(3 2) Cetce circonstance est empruntés minibus & taleâ;fed tardus ejlinutro*de Theophraste, qui, au liv. 2 , cha- que proventus. Palladius , in Februar.
pitre 7, se lert du mot ènífpiÇx pourexprimer ces franges ou fibres.
( 3 5 ) elt-à-dire de couper re doued’uuie branche, & de planter en terre