Band 
Tome sixieme.
Seite
79
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVII. 79

Vaut mieux les planter en automne. Autour de Rome, on lesreplante lorsqu il s ont cinq ans, ou, selon quelques-uns, lorsqu ilsont environ vingt pieds de haut. On les met dans des creux decrois pieds de profondeur & d’autant (7) de largeur , & à l’entourde chaque arbre on accumule la hauteur de trois pieds de terre :c’est ce que ceux de Campanie appellent aruler (8). Les intervallesse règlent selon la nature des lieux. Dans les plaines, on met cesarbres plus loin les uns des autres. Comme les peupliers & lesfrênes, qui viennent auílì de plant, bourgeonnent plutôt, il fautles planter de meilleure heure, c’est-à-dire dès le milieu de Fé-vrier. Au reste , on a coutume de disposer en échiquier les arbres,les arbrisseaux, & les ceps de vigne : & cette méthode est trèsbonne; car de cette façon ils font mieux visités de l’air. Ils fontd’ailleurs une plus agréable perspective, parceque, de quelquecôté qu’on les regarde, ils forment des allées de droit fil. Onseme de graine les peupliers (9), de la même maniéré que les ormes ;& on les transporte auílì de la même façon, soit des pepinieres, soitdes forêts.

Quand on veut donc replanter un arbre, la premiere chose qu’ilfaut observer, c’est (10) de le mettre dans un terroir semblableà celui où il étoit auparavant, ou même meilleur. Les arbres quiétoient dans des lieux chauds &: où les fruits mûrissent de bonneheure, ne doivent pas être replantés dans des lieux froids &: où

que j’indique , signifient entasser enpelote, in orhem convolvere , ce quise rapporte à l'expression undique exa-gerantur 3 qui répond ici, chez Pline,au mot Campanien arulare.

(9) Le Pere Hardouin croit quedans le texte de Pline il faut lirelïs j conformément à Columelle, li-tre 4, chap. 5 , au lieu de populis 3parceque les peupliers ne donnentpoint de graine, ou n’en donnent que

très rarement. Au reste , 1 ’opulus de'Columelle est un arbre particulier àl’italie , qui fe doit traduire opier 3 Acnon pas Y obier ; car l’obier est un ar-bre différent , comme je l’ai déj»énoncé dans les livres précédents.

(10) Consultez ici Columelle, li-vre de arbor, chap. z o ; & Iiv. 3, cha-pitre z ; Virgile, Géorg. Iiv. z, v. zíj 5.& l’Auteur des Géoponiques , Iiv. z»chap. 46, p. 81.