HISTOIRE NATURELLE, L I Y. XVII. 89
négliger, e'etì de nepas laisser la racine del’arbre qu’on replanteraexposée trop long-tems hors de terre, jusqu’à se dessécher; commeaussi de ne point arracher d’arbre lorsqu’il souffle un vent duplein nord, ou de quelque autre point du ciel pris entre le pleinnord &: l’orient d’hiver (30); ou du moins de faire en forte que lesracines ne soient point exposées à ces vents , car cela fait mou-rir les arbres fans que le cultivateur en sache la cause. Catondeíìreroit (31) que pendant tout le tems de la transplantation ilne fît ni vent ni pluie. II feroit aussi fort à propos de laisser auxracines le plus qu’il fe pourroit de la terre où elles étoient; defaçon quelles demeurassent entièrement enveloppées des mottes& du gazon de leur propre terre. Voilà pourquoi Caton recom-mande (3 2) de transporter les jeunes plants dans des corbeilles ; cequi est assurément une très bonne pratique. II veut (33) aussi qu’onne mette point au fond des fosses d’autre terre que celle qui étoicà la surface. Quelques-uns (34) disent que íì l’on garnit de pierresle fond des creux 011 l’on voudra planter des grenadiers, jamais lesgrenades ne crèveront fur l’arbre. La meilleure façon de placer les ra-cines des arbres, c’est de ne leur donner aucune (33) inflexion : maisil taut que chaque arbre soit posé justement dans l’époque du milieude fa crue. On dit que fl l’on plante un figuier, en le mettant dansun oignon de fquille (36), qui est une sorte de bulbe, il porteratrès promptement du fruit, & ne fera point sujet aux vers. Lesautres arbres fruitiers n’y feront point (3 7) sujets non plus, en obser-
chez Pline inflexas n'a point une si-gnification négative. Si Pline eûtvoulu contredire Theophraste , il n’eûtpas employé l’expreíîion la plus pro-pre à faire croire qu’il tomboit dansson sens.
(z 6) Ficus f in scillaseratur , ocyùscrescit , minàsque a vermibus inseftatur.Theophraste , His, Plant. liv. t , cha-pitre 7. Ah qui multum prodejje con-firmant ut generosiora poma producat ,
Tome VI.
s plantam sci diviso squilla bulbo inter-sitam } sriclamque vinculis collocemus.Palladius, in Martio. Nous traiteronsde la fquille au liv. 19 , chip. 5.
(37) Avant le Pere Hardouin , aulieu de quo vitio carent , on hsoit dansles éditions quo vitio non carent con-tre le témoignage des meilleurs manu-scrits , & contre l’autorité expresse deTheophraste, de Caufìs , liv. 3 , c. 7 ,p. 3 3 2, ôc chap. 11 , p. 3 3 6 .