HISTOIRE NATURELLE, L I Y. X V 1 I. 93
de tête, qu’à toutes les plantes qui font auprès. Celle du pinfait mourir les herbes ( 4 ) ; mais le noyer Sc le pin résistentaux vents, à la violence defquels les abris (4*) ordinaires desvignes n’oppofent qu une trop foible résistance. Le pin , le quer-cus Sc 1 ’ciex fe chargent de beaucoup d’eau en tems de pluie. Lecyprès (5) n’a point ce défaut : aussi donne-t-il très peu d’ombre ;Sc cette ombre est, pour ainsi dire, rassemblée fur elle-mème.Celle du figuier est légere, quoique fort étendue : c’est pourquoicn ne laisse pas de planter des figuiers parmi les vignes. Celle del’orme est douce, Sc même elle nourrit tout ce qui fe trouve des-sous : cela n’a pas empêché Atticus (6) de décider quelle est unedes plus pesantes ; Sc c’est ce qu’on ne fauroit nier, si les ormesfont fort branchus. Mais je crois que quand un arbre a les bran-ches courtes & ramassées, son ombre n’est jamais nuisible. Celledu platane (7) est agréable, quoique fort épaisse : Sc ce qui mon-tre combien elle est salutaire, c’est qu’il n’y a point d’arbre foussombre duquel il croisse de plus belle herbe. Le peuplier, dont lesfeuilles remuent toujours ( 8), ne donne point d’ombre, à proprementparler. Celle de faune engraisse & nourrit toutes les plantes quife rencontrent dessous. La vigne n’a pas besoin d’une ombreétrangère ; car celle que lui donnent fes feuilles, & le mouvementfréquent dont elles font agitées, suffissent pour tempérer la chaleurdu soleil. Les feuilles de la vigne lui fervent aussi de couvert dansles grandes pluies. Presque tous les arbres dont les feuilles font
que patietur cceli ratio ibid. &c. &c .
(5) Ceci doit s’entendre du cyprèsfemelle, qui est fait en pyramide ,comme cn fa vu au liv. 1 6 , chap. 3 3 :à f égard du cyprès mâle, il doit for-mer gouttière, puisque Pline dit de
ni, ibid. Mas spargit extra se ramosdeputaturque.
(6) Julius Atticus , dont nous avons
parlé dans nos notes alphabétiques furle premier livre de Pline.
(7) J’ai souvent prévenu qu’il nefaut pas confondre le platane ( arbre àgrandes feuilles , & dont la vraie pa-trie est l’Alie Mineure ) avec notreplane.
(8) U veut parler du tremble , com-me je présume , & non de toutes lesfortes de peupliers.