HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. 95
attachées à de longues queues , donnent une ombre légere. Aureste, ce n’estpas une science méprisable, ou dont on doive fairepeu de cas, que celle qui enseigne quand & à quelles fortes deplantes sombre est avantageuse, ou nuisible. II est certain quecelle des noyers, des pins, des pestes, & des sapins, nuit à tout cequelle couvre.
Pour ce qui est de seau qui dégoutte des feuilles des arbres (9)quand il pleut, nous dirons seulement que celle de tous les arbresqui font si bien couverts de leurs feuilles que la pluie ne mouillepoint leur tronc, est malfaisante. II est très important de bien con-noître la nature du terroir où l’on veut mettre des plants, Lequelles fortes d’arbres y réussissent. II ne faut pas de íi grandsintervalles fur les coteaux que dans les plaines (10) : mais dansles lieux exposés aux vents, les arbres doivent être plus rap-prochés. Toutefois il est nécessaire (11) que les oliviers soient fortéloignés les uns des autres. Caton, en parlant du terroir d’Italie,ordonne (iz) de laiíler au moins vingt-cinq pieds entre deux oli-viers , & tout au plus trente : mais cela varie selon la nature deslieux, II n’y a point de plus grand arbre dans la Lé tique (13) quel’olivier. En Afrique ( s’il faut s’en rapporter aux Ecrivains quirapportent un tel fait), il y a des oliviers qu on appelle milliaires,parcequ’ils rendent chaque année un millier pesant d’huile. C’estpourquoi Magon (14) veut qu’il y ait, d’un de ces arbres à l’autre,un intervalle de soixante & quinze pieds ; & que s’ils font dansun terroir maigre, dur, & exposé au vent, la distance soit aumoins de quarante-cinq pieds. Dans la Bétique, 011 voit de trèsbeaux bleds entre les oliviers. Ceux qui font obligés de les éla-guer plus que de raison, quand ils font déja grands, & de hâterpar ce moyen leur perte , ou même de les couper entièrementâpres les avoir plantés eux-mêmes, montrent clairement leurignorance, &c le tort qu ils ont eu de les planter trop ferré. Quoide plus honteux (ij), en ester, pour un cultivateur que d’être
tum plus obejl perperàm fecijse. Unum enim ac solum dominatur in rufiica-