HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVII. 9 J
réduit à se repentir d’avoir trop sait? II vaudroit donc encoremieux pécher par l’excès contraire.
Des arbres qui croijjent lentement : de ceux
ipidement : de la sabine.
Certains arbres croissent lentement, principalement ceux:qui font p revenus de graine (1), & ceux qui durent long-tems.Au contraire, ceux qui durent peu, croissent très vite (2.), commele figuier , le grenadier, le prunier, le pommier, le poirier (3),le myrte, le saule: aussi fructifient-ils de bonne heure ; car ils com-mencent à porter au bout de trois ans, ou même encore plutôt.Le poirier est le plus tardif de tous. Le cypre (4) est le plus hâtif;comme aussi l’arbrisseau nommé cypre bâtard, car il porte incon-tinent fleur & fruit. Au reste, tout arbre, quand on lui ôte sesrejettons, croît plus vite, parcequ’alors le suc nourricier passe toutentier dans le tronc.
La Nature nous a appris elle-même à provigner les arbres, &Ccela par l’exemple des ronces qui, étant fort longues & fort min-ces, se baissent vers la terre, &e y enfonçant leurs cimes, renaissentainsi d’elles-mêmes ; de forte que si l’on n’avoit pas foin de lesessarter, elles couvriraient bientôt le globe. Ainsi tout démontreque la Nature a destiné les hommes à l’agriculture, puisque dansune production aussi mauvaise & aussi haïssable que la ronce, ellea voulu leur donner l’exemple de la maniéré de faire les provins,& d’étendre les plants. Le lierre se multiplie de la même façon.Indépendamment de la vigne, on peut, selon Caton (s), provi-
Hardouin , & non pas pinus avec quel- (5) Cet Auteur s’exprime ainsi,ques Editeurs. chap. 51, p. 41 : Propagatio pomorum ,
(4) J’ai traité amplement du cypre , alìarumque arborum. Ab arbore absliv. 1 r , chap. 24, notes 1 , 3 & 6 , terra pulti qui nascentur , eos in terramp. 580 , 3 81 & 3 81 -, 6 c j’ai prévenu deprimito , extollitoque primorem par -qu’il ne falloit pas confondre ce cypre tem , uti radicem capiat : inde biennioavec notre troène, en Latin Ugujirum. pojl effodito jserítoque. Ficum 3 oleam ò
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