HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVII. 99
gner le figuier, l’olivier, le grenadier , toutes les fortes depommiers , le laurier, le prunier, le myrte, l’avelinier, le noyerde Préneste (5*) & le platane ( 6 ).
II y a deux maniérés de provigner. La premiere est de coucherune branche d’arbre, & de la mettre dans une fosse de quatrepieds en tout sens. A u bout de deux ans on coupe la courbure, & aubout de trois ans on transplante. Si l’on a dessein de porter un peuloin (7) les provins, il fera très à propos de les mettre d’abord avecleur terre dans des paniers, ou des pots d’argilie, afin de les trans-porter ensuite de cette forte, & fans déranger cet appareil.
La seconde maniéré (8) de provigner a quelque chose de plussingulier j car, par son moyen, on obtient qu’un arbre jette desracines par fa cime. Pour cela, on met le sommet dune branchedans un pot d’argille, ou dans un panier, que l’on (9) remplit de terrebien pressée ; & par ce moyen la branche prend racine à la cimede l’arbre, & au milieu même des fruits: invention hardie, quiforce la terre à produire loin d’ellë-même, & hors de son sein,un nouvel arbre. On coupe le provin au bout de deux ans, commedans la maniéré précédente ; & on le plante avec son panier, ouson pot d’argille. La sabine (10) fe multiplie de provins Lc derejettons. On dit que la lie de vin, ou la brique pilée, la nourritmerveilleusement. Le romarin vient de la même façon que lasabine, & quelquefois aussi par une branche. En ester, il y achez lui, comme chez la sabine, absence absolue (nj de graine.Le laurier-rofe fe multiplie également de graine &: de provins.
&c de ses propriétés , au liv. 14, cha-pitre 11.
(11) Cette absence de graine n’estpas aussi absolue chez la sabine quePline Particule ici j elle a de la graine,mais en très petite quantité. A l’égarddu romarin, il y en a une espece ( le ro-
marin stérile, dont Pline parlera , li-vre 24, chap. 11 ) qui 11’en a point dutour. Pline , au mème endroit, recòn-noît une autre espece de romarin quia une graine résineuse appellée cachris.11 ne s’explique donc pas ici d’une ma-niéré bien exacte.
N ij