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Tome sixieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVII. III

Ainíi, quand on veut greffer en fente, il faut d’abord scier,d'une maniéré égale, le sommet d’un arbre , ôd unir le troncavec la serpe : ensuite , on peut s’y prendre de deux façons. La

» le plus facile à faire, & rapporte»> plutôt du fruit.

» La fente fuit après, Sc fe fait fur» gros arbres & fur petits jufqu’à un

pouce de diametre.

» La couronne ne fe place guere»> que fur des arbres bien forts.

» Et l’approche ne fe pratique ordi-» nairement que fur les orangers , ci-« tronniers & autres plantes qui font» dans des cailles, lesquelles fe peu-» vent approcher Sc joindre.

« Pour commencer donc par l’é-» cuífon , votre fauvageau étant dé-» pouillé de toutes petites branches« jufqu’à la hauteur de demi pied, ou« un peu plus : dès le tenis que l’onw taille des arbres, ou bien à l’heure» que vous voulez greffer, vous choi-« lirez la plus belle place fur l’écorce» de votre arbre, Sc s’il fe peut, que ce» soit du côté des grands vents , par-» cequ’il en vient par fois de fi impé-»> tueux, qu’ils décollent les écuílons ,» à cause de leur tendreté , & qu’ils» font chargés de feuilles &c de bois :» ce qui n’arrive pas fi ordinairement» quand ils font placés du côté des« grands vents, que quand ils font« de sature côté , quoique vous y" mettiez des paifleaux pour les fou-» tenir.

" Vous taillerez votre écuíïon a fiez« long, comme d’un pouce ou envi-» ron, Sc a fiez large, afin qii’il prenne» tant plus de nourriture j le leverez» promptement , Sc regarderez par» dedans si le germe de l’œil y tient ;» car s’il est demeuré aú bois d’oà

» vous l’avez levé , il ne vaudroic» rien : vous le mettrez à votre bou-» che , en le tenant par le bout de la» queue de fa feuille , que je vous ai« fait laifier exprès en cueillant les» greffes, puis vous inciserez votre» fauvageau, Sc leverezdoucement» l’écorce avec le manche de l’en-» toir, fans frotter contre le bois , de» crainte d’égratigner la feve qui est>• de fi us j vous placerez votre écuíïon» entre le bois & l’écorce, l’enfon-» çant jufqu’à ce que le haut de l’é-»» cufibn fe joigne à l’inciíion d’en» haut de votre arbre , & qu’il porte» tout à plat contre le bois : cela fait,» vous le lierez avec du chanvre ,» commençant à le serrer bien ferme» par le haut près de l’ccil j puis, en» tournant par bas, laifferez fort peu-- de jour à l’ocil, où , finiflant votre» liure , vous ferez le nœud.

» Prenez garde quand vous greffe-» rez, que ce ne soit ni pendant la

grande ardeur du soleil, ni durant» le tems de pluie; car l’écuffon ne» peut souffrir d’être mouillé , & fera» mêmement en grand danger de ne» pas reprendre , s’il pleut les quatre» ou cinq premiers jours ensuivants» que vous l’aurez greffé.

» 11 y en a qui, en levant l’écus-» son, levent ausiï du bois, cela se» frisant tout d’un seul coup de cou-» teau. Je ne désapprouve pas cette« maniéré de greffer : je m’en fuisU bien trouvé , car mes greffes ont» fort bien repris j Sc de plus, on n’est-- pas en danger d’éborgner un écus-