HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. II7
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lequel on a dessein d’enter, & on tient la fente ouverte avec unpetit coin, jusqu à ce qu on y introduise la greffe, laquelle doitêtre taillée en pointe.
II y a dans tout ceci beaucoup de choses à observer. D’abord ilfaut savoir de quel arbre on doit prendre la greffe, & sur quelarbre on doit la mettre. Ensuite il saut savoir que tous les arbresn’ont pas leur seve (8) au même endroit. Par exemple, la vigne& le figuier sont plus secs dans le milieu, & leur force productivese trouve principalement dans leur cime ; aussi els-ce de là qu ontire les greffes de choix (9). Au contraire, l’olivier a plus de sevedans le milieu, & fa cime est plus seche : aussi prend - on desgreffes dans le milieu de cet arbre. Ceux qui ont une écorce demême nature, qui fleurissent, bourgeonnent, & font abreuvéspar la seve en même tems, s’incorporent (xo) le plus aisémentensemble. Mais lorsque sun est humide &: l’autre sec, ou quel’un a l’écorce tendre & l’autre dure, la réunion est long-tems àse faire. II faut aussi avoir soin de ne pas faire fur un nœud ( 11 )la fente où l’on met la greffe ; car celle-ci ne pourroit pas Rac-commoder de la dureté du nœud. On fera la fente dans l’endroitle plus uni (12) de l’arbre. Elle ne doit pas avoir beaucoup plusde trois doigts de long : elle doit être droite, & ne pas traverserde part en part. Virgile ne veut pas qu’on prenne des greffes àla cime (13) des arbres : &, en effet, il est certain que les meilleures
(12) On lit chez Columelle, llid.Arborem quam inserere voles jserrâ di-ligenter exsecato j eâ parte quá maximenitida & fine cicatrice efi : dabisqueoperam ne librum ledas. Cum deindetruncum recid.ris , acuto ferramentoplagam levato : deinde cuneum tenuemferreum vel osseum inter corticem & ma-teriam ne minus digitos tres 3 sed consi-derate demittito , ne ledas aut rumpas(orticcm ,.. . Si pufillarr. arborem in-
serere voles , imam abscindito.,. . &medium truncum acuto scalpello permo-dice findito j ita ut fisura digitorumtrium fit in ea 3 &c.
( 1} ) Mais feulement parmi lespousses féraces, qui ne fe rencontrent:guere que dans les branches qui ac-compagnent le milieu de l’arbre. Carc’est ce que Virgile , selon Pline, en-tend par plante feraces dans les verscités note 11.