HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVII. IZI
faire une ligature (2.). Ceux qui aiment les nouvelles inventions,pratiquent celle-ci, &: prétendent que cette maniéré d’enter n’estpas de bien vieille date. II est: de soit, toutefois, qu’on la trouvedans les écrits des anciens Auteurs Grecs, & austi chez Caron,qui ordonne d’enter de la forte les figuiers &: les oliviers, & qui,selon son exactitude ordinaire, détermine me me la mesure dei’écuíTon : car, selon lui, il doit avoir quatre doigts (3) de long& trois de large. II dit austi qu après savoir appliqué, il faut ymettre un enduit d’argille mêlée avec de la paille : en outre, ilordonne d’enter de la même façon les pommiers.
Quelques-uns comprennent fous cette maniéré d’enter en écus-son, celle où l’on fend par le côté une mere vigne (après avoirôté une petite portion de l’écorce),pour insérer dans cette fenteune marcotte. J’ai vu près des Thulies (4) Tivoliennes un arbreenté de toutes les façons dont j’ai parlé jufqu’ici, & qui porto ittoutes fortes de fruits : car fur une branche on trouvoit des noix,fur une autre des baies, & fur d’autres, des raisins, des figues, despoires, des grenades, & différentes fortes de pommes. Mais cet arbrene vécut pas long-tems. Au reste, quelque effort que l’on faste, iln’est pas possible d’imiter la Nature en tout; car il y a certainsarbres qui ne peuvent venir que d’eux-mêmes, & qui ne croissentque dans des lieux incultes & déserts. On prétend que le plataneest le plus propre à endurer toutes fortes d’entes , ensuite lechêne-roure : mais l’un & l’autre gâtent le goût des fruits. II y
étoit possible de cette situation tare &enviée : & de là , comme je crois, lenom de Thulies donné à ces habita-tions situées à l’extrémité de Tibur ;de même qu’on donnoit le nom deThulê à la derniere des iíles occiden-tales. C’étoit, dis-je , une dénomina-tion Celtique ou Celtibérienne , in-troduite , selon toute apparence , parles anciens Sicules Hespériens, quid’Espagne pasierent en Ausonie 8c en
Sicile, & furent, en Italie, les fonda-teurs de Tibur , ville dont en consé-quence une partie conservent le nomde Siculetum , ou de Sikeliôn commeon le peut voir chez Denys d’Hali-carnasse. Quoi qu’il en soit , Thul 3Tull j ’Tile &c Tyl , signifient fin , li-mite, extrémité, &c. dans une infi-nité d’idiômes Celtosiythes, commele fait voir le docte Suédois Jean Ihreau mot Tj^eldr , lapis terminalis.
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