Band 
Tome sixieme.
Seite
133
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. I y y

a des arbres que l’on ente de toutes les façons, comme le figuier&: le grenadier. La vigne ne souffre pas Tente en écusson ; il enfaut dire autant des arbres dont Técorce est menue 8c crevassée,ou qui se pelent d’eux-mêmes. Ceux qui font secs, ou qui ontpeu de feve, ne peuvent soutenir Tente par inoculation néan-moins c est de toutes les maniérés d’enter la plus profitable, &ensuite celle en écusson. Mais ces deux fortes d’entes font trèsfoibles, 8c fur-tout la derniere ; car il ne faut que le moindrevent pour faire tomber Técusson. Au reste , les arbres entés pro-duisent bien davantage ( 5 ) que ceux qui ne le font pas.

Exemple (Tune ente particulière.

A u sujet des entes, je ne dois pas omettre un cas rare 8c sin-gulier. Corellius ( i ), natif d’Este, & Chevalier Romain, enta,au territoire de Naples, un châtaignier avec une greffe prise dumème châtaignier. Cet arbre ainsi enté porta de très beaux mar-rons , qui furent nommés Corelliens, du nom de ce Chevalier.Ensuite Etereïus (r.), son affranchi, enta de nouveau ce châtaignier ;8c la différence qui s’y trouva, c’est que le châtaignier de Corel-lius porta plus de fruits, 8c que celui d’Etereïus en porta demeilleurs.

C’est le hasard qui a fait inventer les autres maniérés de mul-tiplier les arbres. Par exemple , on vit reprendre racine â des-pieux ( 5 ) plantés en terre; &, d’après cette observation, on s’a-vifa de rompre des branches 8c de les planter. Beaucoup d’ar-bres viennent de la forte, particulièrement le figuier , qui vientaussi de toutes les autres façons ( 4 ),excepté de bille (j) : encore'vient-il très bien de bille, pourvu que la branche que Ton veut'planter soit fort grosse, 8c qu après Tavoir taillée en pointe, on

ruiíeâj comme Pintianus prétend qu’il llv. 1, chap. 1 : Ficus quoque omnibus ífout lire. La leçon manuscrite est con- modis emergit } praterqucun ramo avuí~tìrmce par Theophraste , Ilifi . Plant . /0, & taleâ.