HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. 2 17
qu’il y en a, lorsqu en béquetant sécorce, elle sonne creux. Maisquoi: les vers mente iont devenus pour ritomme une matière defriandise. On met au rang des viandes les plus délicates, ces grosvers appelles cojsi {9) } qui viennent dans le chêne route; & ntente 'on les engraisse avec de la farine, asm qu’ils soient meilleurs. Lesarbres les plus sujets aux vers font les poiriers, les pommiers &les figuiers. Ceux qui ont le bois amer òl odorant, y font moins (10)exposés. Quant aux vers (11) des figuiers , les uns s’y engendrentd’eux-mêmes; les autres font produits par le ver appelle céraste :ntais tous se changent à la fin en cérastes, & font entendre unpetit son aigu. Le cormier (iz) est infesté de vers roux &: velus,qui le font mourir. Le nefstier (13), quand il est vieux , est attaquéde la même maladie.
Le dessèchement par influence , qui arrive aux arbres , &qui est appelle en Latin sideratio (14), provient entièrement duciel. Parntiles causes qui le produisent, on doit mettre la grêle &la bruine (iy). Cette derniere attaque les jeunes arbres lorsque lachaleur du printems les anime & les fait pousser ; elle brûle lesbourgeons, alors remplis de lait, & détruit les fleurs. Les Latins ap-pellent cer accident qui survient aux fleurs ,/e petit charbon. La geléeblanche est encore plus pernicieuse ; car quand elle tombe sur lesarbres, elle y demeure & les gele, fans qu on puisse espérer quele vent la dissipe, d’autant quelle ne survient que lorsque le temsest calme & serein. Mais la (iy*) principale cause du defleche-
(15) Le Pere Hardouin dérive cemot pruina à perurendo ; mais je croisque c’est une expression vigneronne ,que 1 on peut deriver à brevi vino ,pareeque la maladie nommée pruinaabrégé les vendanges > & en moissonnel’espérance : c’est: ainsi , & par la mêmeraison, que nous donnons le nom debruine à la maladie que les Romainsont nommée carbunculatio , dérivant,par une fausse analogie , ce mot Gau-lois bruine dç leur mot Latin pruna 3Tome VI.
un charbon ardent. 11 est aisé de com-prendre comment une dénominationde maladie propre à la vigne s’est in-sensiblement étendue, & a servi à dé-signer une maladie analogue dans lesautres arbres 3 comme la chenille quiest la maladie du chêne , est devenueune dénomination presque généralepour exprimer les insectes analoguesdont les autres arbres font rongés.
(15*) Théophraste, de Causis , 1 . 5 ,chap. 10, p. 335.
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