histoire naturelle, LIV. XVII. 1JJ
V
Sc conservé leurs olives. Quelquefois aussi il arrive en cettematière des choses qui ont tout l’air d’un miracle. Un olivier quiavoit été entièrement brûlé, ne laissa pas de reprendre vie. Desfiguiers, en Béotie (3), ayant été rongés par les sauterelles (4),bourgeonnèrent une seconde fois. Les arbres changent (5) quel-quefois de couleur, Sc de noirs qu ils étoient, ils deviennent blancs ;ce qui, au surplus, n est pas toujours une chose contre nature : Sccela arrive sur-tout à ceux qui viennent de graine. C’est ainsi quele peuplier blanc se change en peuplier noir. Quelques-unscroient que le cormier ( 6 ), de fructifère qu’il étoit, devient stérilesi on le replante dans un lieu plus chaud que celui où il étoit.Mais, par exemple, c’est (7) une chose contre nature, lorsqu’unarbre, qui donnoit auparavant des fruits doux, vient à en donnerd âpres, Sc réciproquement ; Sc lorsqu’un figuier sauvage se changeen figuier domestique, ou le domestique en sauvage. Au reste,c’est un très mauvais présage quand le changement en question sefait de bien en mal, comme lorsqu’un olivier domestique devient unolivier sauvage, ou qu’un cep de vigne Sc un figuier à fruits blancsen produisent de noirs. C’est ainsi qu’à Laodicée un platane futchangé en olivier à l’arrivée de Xerxès. Et pour ne pas m’étendreà l’infini fur cette matière, je me contente d’avertir que le livred’Aristandre, Auteur Grec, est rempli de semblables prodiges ;comme aussi les Mémoires de C aï us Epidius (8), Auteur Latin,dans lesquels on trouvera même que des arbres ont parlé. Peude tems ayant la guerre civile entre César Sc Pompée, un arbre,dans le territoire de Cumes, s’enfonça si profondément dans laterre, qu’il ne paroissoit que fort peu de fa cime : & cet événe-ment fut d’un très mauvais présage. Aussi trouva-t-on dans leslivres des Sibylles, qu’il devoir y avoir un grand carnage d’hommes,Sc que ce carnage feroit d’autant plus grand, qu’il í'e feroit plusprès de Rome. II y a encore d’autres prodiges , comme lorsqu’ilcroît un arbre dans un endroit extraordinaire; par exemple, furla tête d’une statue, ou fur un autel; Sc lorsqu’un arbre croît surun autre arbre. C’est ainsi qu a Cyzique (9), quelque tems avant
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