histoire naturelle, L I V. XVIIÌ. 367
II y a une autre maniéré de contrefaire 1’ alica , & dont on sesert par-tout. On choisit les plus gros grains de froment ordi-naire, ainsi que les plus blancs ; Sc après les avoir fait cuire àdemi dans des pots de terre, on les met sécher au soleil, Sc onles y laisse jufqu’à ce qu’ils soient aussi secs qu’auparavant (43):ensuite on les arrose d’un peu d’eau, Sc on les concasse avec lameule. La granée (44) ou alica à gros grains, faite avec le \ea ,a toujours plus belle apparence que la granée faite avec le froment,quoiqu’au surplus ce soit une alica contrefaite ; Sc même pour lablanchir, on y mêle du lait cuit, ce qui réussit mieux à son égardque ne fait la craie dont nous avons parlé.
Des Légumes.
I l est tems de passer aux légumes (1), entre lesquels les feves-tiennent le premier rang 3 car on a même essayé d’en faire dupain. La farine de feve, appellée lomentum (2.) par les Latins, Sccelle de tous les légumes, rendent plus pesant le pain où on lesmêle. Les feves (3) fervent de plusieurs façons à la nourriture
me j Sc ce caractère éroit en effet le
Í >lus propre à distinguer nettement leségumes d’avec Jes productions sépa-rées , comme eux , de la claste des ar-bres Sc arbrisseaux, 8e qui partageoientpourtant avec ces i^oinares produc-tions des champs un caractère com-mun , celui de porter des grains. Ainsitout comestible qui se soutient sur unchaume , est un bled, un grain propre-ment dit j tout comestible au contrairequi, sans appartenir à la classe des ar-bres Sc arbrisseaux, se soutient sur unetige ou sur une racine sans chaume , estun légume. Cette définition n’a riend’obscur y elle embraste tout un genre,& le présente sans exceptions.
(z) Lomentum est un mot Latin qui
s’est formé par imitation du leïôma de»Grecs. Ce leïôma vient lui-même deleïô , concido j Sc par conséquent ex-prime un grain broyé, concasïé, Scc.
(;) Le Pere Hardonin, suivi en celapar M. Jault Sc la plupart des Criti-ques , soutient que les feves dont parleici Pline font très différentes des nô-tres j car, dit-il, selon divers témoi*gnages des Anciens, la feve des GrecsSc des Latins étoit ronde Sc très pe-tite , au lieu que la nôtre est longueSc grosse. M. Desplaces toutefois estcontraire à cette opinion. » Il semble ,>5 dit-il, qu’on ne puisse douter que la» feve des Anciens ne fût une eípece« de nos feves de marais, ou grosse»» feves, qui pouvoit être, Sc plus pe-