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Tome sixieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVIII. Z 69

du bétail (4) , & principalement à celle de Thomme. Chez laplupart des nations, on les mêle avec (5) le froment, ÔC fur-touc

Hébreu baba , cavité , ou baha , unvuide j & le mot Anglois beane 3 feve,se rapproche fort de cette derniereétymologie. Considérons auílì que lafeve ne se seme point seulement dansdes rayons, mais assez avant en terre,dans des creux ou pet'tes sosies quar-rées, qu'on recouvre de terre. 11 sepourroit donc faire que cet usage,ausiî ancien sans doute que la culturemême de ce légume, ait donné occa-sion de désigner la feve fous diversnoms , qui presque tous expriment laprofondeur. Cette signification pres-que générale du nom donné aux feves,Sc dont la cause n’étoit pas bien con-nue , ne manqua pas d’être prise, chezdivers peuples , pour une dénomina-tion mystérieuse , 8c relative à la reli-gion , ou aux secrets de la Nature. Onen vint donc à se figurer que lesfeves croient des corps animés , 8cquelles étoient l’asyle où descen-doient les âmes des défunts. Ceuxqui donnerent dans cette vision,se fon-

dèrent encore sur l'interprétation abu-sive de quelques-unes des dénomina-tions de la feve ; par exemple, fur ladénomination Espagnole hava 3 pro-noncée haha par les anciens Falisques.En effet, hava signifie être animé, vi-vre , en langue Hébraïque ; & cettelangue, comme l’a observé Bodin , ale plus frappant rapport avec l’ancien& moderne Espagnol. De là le nomd 'Eve j la mere des vivants ; & ce nomd 'Eve lui-même sembleroit n’être au-tre que notre mot feve dépouillé de\f initiale, à la mode des Espagnols &des Falisques. Ausiî Varron observe-t-il qu’on offroit des gâteaux de fevesà la Déesse Carna 3 femme de Janus.Or Janus est l’Adam ou premier hom-me des Latins : ainsi Carna 3 dans leurhistoire fabuleuse , est un personnageforge sur l 'Eve des Hébreux : 8c c’estpourquoi sans doute la feve lui étoitconsacrée ; d’autantque si Janus signi-fie entrée, principe, Scc.faba ou feve 3dont la racine est fa 3 pka 3 ou phe 3

(4) C’est à quoi a rapport le motOrientalgrécisé ku amos 3 cpìi est deve-nu le nom Grec de la feve, &qui, ra-mené à se s racines , signifie vaccas nu-triens j ou vaccarum robur ; racinesaman , nourrir, ou amos 3 force en Hé-breu ; 8c ku, vache dans une infinité delangues. En effet, uije vache se dit enRusse kua; en Anglo-Saxon , cu ; enAnglois, cow ; en Istandois , ko; enBelgique , koe ; en Persan , ghau , &c.Hc Columelle observe même, liv. 6,Tome FL

chap. z 3 , que les Altins, anciens peu-ples d’italie, appelloient uné vachekeua j laquelle appellation si géné-rale de la vache a rapport au grandprofit dont est cet animal ; 8c c’est deíá que les Grecs ont fait leur verbeKuô , gejlo j uterum gefio 3 &c.

(5) Le Pete Hardouin dit que c’estencore aujourd’hui la coutume en Sa-voie 8c en Dauphiné, où ost mêle dela farine de feve avec celle de fromentpour faire un pain plus solide.

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