370 NATURALIS HISTORIA L I 8. XVIII.
maxime panico solidi , ac delicatius fracta. Quin & priscoritu fabata iiix religionis Diis in sacro est, prxvalens pul-
bouche ou entrée , dans la plupart deslangues, paraît devoir être l’emblêmeSc l’attribut de Janus- ou de Carna ,personnages qui, chez les Latins, fi-guraient 1 ’entrée des tems. Tout cequ’on vient de dire explique à la fois ,,Sc pourquoi les Pythagoriciens s’abste-noient de manger des feves, & pour-quoi les Romains au contraire enmangeaient dans les repas des funé-railles j car ces derniers en usaientainsi à cause du faux rapport d u motfaba 3 feve, avec Phebê ou Hécate ,qui présidait aux funérailles, ou bienpar allusion à la signification de pro-fonde , de souterraine , ou (ce qui re-vient au même ) d ‘infernale , que leur
f »réfencoit le mot Falisque haha ; auieu que les Pythagoriciens considé-raient la feve comme animée, en rap-portant ie mot faba ou haba au motOriental haba vivre , être animé j,ou aux mots Orientaux pha , entrée ,ou baba 3, entrer j. tellement qu’ils re-gardaient ce légume comme l’afyle oùentraient les âmes , ou comme l’entre-pô t d’où elles sortaient pour entrer denouveau dans quelque corps humain.En conséquence c’étoit une façon deparler proverbiale que de donner lenom de feve ( fabula ) à Lame séparéedu corps par le trépas : témoin Persechez qui on lit, Satyre 5 :
Cinis Sc maries Sc fabula fies.
C’est dans le même sens qu’Horace adit, liv. 1 , Ode 4:.
Jam cc.prcmct nox , fabulsque manes ,
Ei domu^cxilis Plutonia 3 &c-
Car, dans ce passage , fabuU manes nesignifient point , comme on l’a crujusqu ici, les Mânes de la table , ex-
pression dont un Poète Païen , qui re-commande par tout le culte du Paga-nisme , ne se fût.point servi, Sc quedémentirait atisurplusle vers suivant,
Et domus exilisFJuronia. . . .
où le Poète parle sérieusement du sé-jour infernal. II dit donc à son amiSextus : Songe, à mettre à prof t cettevie fi courte .. . Tu touches de près à lanuit funebre aux feves mânes , à la de-meure souterraine de Pluton , & celapar allusion aux feves , qui étoientcensées servir de demeure aux mânes,c’est-à-dire à cette tierce partie del’homme , que les Anciens distin-guaient également de l’ame Sc ducorps , & qui était la feule chose quirestât de lui sur la terre. II est hors dedoute, & plus évident que le jour,que le manès & fabula de Perse , ainsi.opxçle fabula manès d'Hotacs , sont undicton proverbial employé par euxd’une maniéré poétique, Sc relatif à.l’opinion. qui faisoit des feves le séjourdes âmes 4 opinion que Pline lui-mê-me prend ici le foin de nous trans-mettre , & qu on peut regarder commela source de nos pratiques de parler „feu ma mere 3 vzvì mon pere & c. carces expressions paraissent un reste del’idce funebre attachée au xfev.es parle dogme de la Métempsycose , Sc ré-veillent naturellement le souvenir dufabula, manes des Anciens. De là ie nomde Février ( Februarius ), ou mois con-sacré à appaifer les mânes des défunts jd’où Pluton , le Dieu des morts, étoitnommé Februus. Sur quoi. voyez Ma-cro be , Saturn. livre 1. Tout monétonnement, c’est que Perse Sc Horace