HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 37J
cela porce bonheur (l r). Quoi qu’il en soit, les feves font leseul grain qui, même étant rongé à moitié, se remplit (13) dansle croissant de la lune. Elles ne cuisent pas dans seau marine nidans une autre eau salée (14).
C’est le premier légume que l’on seme avant (15) le coucherdes Pléiades, & avant l’hiver. Virgile veut qu’on les seme au prin-tems(i6), comme c est l’ufage en Italie, dans les environs du Pô.Mais pour sordinaire on préféré (17) la culture des feves seméesde bonne heure à celle des feves de trois mois ; car les goussesdes premieres, ainsi que leurs tiges, font excellentes à donner aubétail. Les (18) feves, étant en fleur, ne demandent que de seau3mais lorfqu’elles ont dé fleuri, elles en veulent très peu. Ellesengraissent (19) la terre où on les a semées, & lui fervent defumier. C’est pourquoi, dans (10) la Macédoine & la Thessalie,pour engraisser les champs, on y seme de la feve, & on les laboureavec cette feve même ausli-tôt quelle a commencé à fleurir.
II y a des feves sauvages qui naissent d’elles-mêmes en plusieursendroits, par exemple, dans plusieurs ifles de l’Océan septentrionalqui, pour cette raison, ont été nommées Fabarìes (11) par lesRomains. II croît aussi dans la Mauritanie beaucoup de feves sau-vages, mais qui font si dures, qu’on ne peut venir à bout de lescuire.
L’Egypte produit une forte de feve (11) qui a la. tige épi—
que mense Februario seratur .. .sed exi-guas paleas , nec multam filiquam facit.Veteres itaque rusticos plerumque dicen-tes audio , malle se matura fabalia ,quam fruclum trime (irem.
(18) Ceci est puisé chez Theophras-te , Hist. Piant, liv. 8 , chap. 6.
(19) Theophraste, Hist. Plant. 1 . 8 ,chap. 9 3 Palladius, in Novemb. tit. 1 ,p. 1 6 1. Ecoutons auffi Columelle , li-vre 1 , chap. 1 o , p. 5 7 : Sunt etiam quiputent in arvis hanc eamdem vice ster-
coris fungi : quod íìc ego interpretorut existimem non sationibus ejus pin-guescere humum,sed miniis hanc quamentera semina vim terre consumere. Namcertum habeo frumentis utiliorem agrumeste , qui nihil, quàm qui istam siliquam,proximo anno tulerit.
(ao) Theophraste, ibid.
(ai) Nous avons traité de ces iíks-,liv. 4, chap. 1 o.
(a.a) Inconnue en Europe 3 car cen’est point la colocafe, auffi nommée