HISTOIRE NATURELLE, L I V. X V I I I. 379
tilles tranquillisent (40) l’esprit de ceux qui en mangent. Quantaux pois (41), il faut les semer dans des endroits exposés au soleilcar ils craignent (42) beaucoup le froid.De là vient qu'en Italie*&: dans les pays où l’air est rude, on ne les seine qu’au prin-tems, òc quon les met toujours dans une terre légere & facile àremuer.
Les pois chiches font naturellement salés (43 ) ; aussi brùlent-ilsla terre : c’est pourquoi il faut toujours les laisser tremper dansi eau un jour entier avant que de les semer. II y en a de plusieurssortes ,& qui disserent de grosseur, de figure, de couleur, de goût.On en voit qui font faits comme une tête de belier (44), & q U |en portent le nom; & parmi ceux-ci, il s’en trouve de blancs &de noirs. II y en a que l'on nomme colombins, autrement poisde Vénus, qui font blancs, ronds, & moins gros que les précé-dents. On en mange, par dévotion, aux vigiles (45) des fêtes.J’oubliois de parler de la gesse (46), qui est une forte de petit (47)
-, qu’il y avoir des pois blancs de tou--, tes les especes ».
(45) Je traduis pervigiliis par vigilesdes fêtes. J’aurois peut-être dû tra-duire vigiles de Vénus ; car c’est de cesvigiles ou veillées consacrées à la fêtede Vénus , qu’il s’agitici, selon touteapparence , puisque l'Auteur traireactuellement du pois colombin & con-sacré à Vénus, dont même ce poisportoit le nom. Nous avons un élé-gant Pocme Latin, attribué par quel-ques- uns à Catulle, Sc qui a pour ti-tre Pervigilium Veneris. J’en ai donnéla traduction en vers François dans lerecueil des poésies de ma jeuneste,intitulées Les Egléides. A Londres,1754, seconde partie , p. 69. La rai-son pour laquelle le pois de Vénusétoit consacré aux veillées de cetteDéesse, c’est que le pois, en Grec, se
nomme erebinthos , mot qui signifieaussi les parties viriles de l’homme.Le nom Grec de la feve , kuamos 3 feprend ausii quelquefois dans une ac-ception semblable ; Sc c’étoit peut-être par cette raison que le Flamen ouPrêtre de Jupiter ne pouvoir nommerune feve sans commettre une profana-tion. En effet, parmi différentes ac-ceptions, kuamos 3 en Grec, lignifietejliculus.
(4 6) Cicercula , gesse. C’est ainsi dumoins que traduit M. Jault. J’ai crupouvoir le suivre : c’est, à ce que croiele Pere Hardouin , le erebinthoshemeros , cicer sativum , de Diosco-ride , liv. 1, chap. x 26. Nous en re-parlerons, liv. 22 , chapitre dernier.
(47) Cicercula , qua piso es smilis 3&c. Columelle, livre 2 , chapitre 10,p. 62.
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