histoire naturelle, LIV. XVIII.401
bon fourrage , nous en avons suffisamment traité en parlant desarbrisseaux. Achevons ce que nous avions à dire fur la nature desbleds & des légumes, & parlons aussi de leurs maladies.
Des maladies des bleds , & de leurs remedes. Quels grainson doit semer dans chaque nature de terre.
L e froment s abâtardit quelquefois , & fe convertit ( 1 ) en
» toutes les plantes celle qu il ale plus» travaillée 3 ilefl aujjì de toutes celles" dont la nature elì la plus altérée .. .
» elle l'ejl au point qu on ne peut recon -
- noître fa forme primitive ; il ne ref-« semble plus à la plante dont il a tiré
- son origine ... La Nature cependant>> ne manque jamais de reprendre fes« droits j des qu 'on la laisse agir en li-ti berté: le froment jetté fur une terre*> inculte j dégénéré à la premiere an-» née. Si l'on recueilloit ce grain dé-w généré pour le jctter de même lev produit de cette seconde générationa fcroit encore plus altéré ; & au bout■u d'un certain nombre d'années & de re-v productions 3 l J homme verroit repa-», roítre la plante originaire dufr ornent 3» èfauroit combien il faut de tems à la„ Nature pour détruire le produit d’un„ art qui la contraint , & pour fe réha-11 biliter. Cette expérience fcroit affe^»> facile à faire fur le bled & fur les au-» tres plantes qui , tous les ans 3 fe re-11 produisent 3 pour ains dire _, d’elles-11 mêmes , dans le même lieu. Hist.« Nat. du Chien , tome 10, p. 16,» édit. in-iz.
»> On trouve bien le germe de cesn opinions dans les Anciens, comme» nous venons de le voir ; mais il n’é-» toit pas possible de les développer,
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» ni avec plus d’élégance, ni avecu plus d’énergie : on ose cependant» douter que f expérience puisse les», confirmer. Pourquoi le bled ne se-», roit il pas un genre particulier par-» mi les herbes , comme le chien enn est un parmi les animaux ? De më-» me qu'un chien ne peut jamais de-» venir un cheval, le bled ne peut» devenir ivraie, chiendent, gramen,
,» ou quelque autre herbe des prai-», lies. Supposé que le froment soit un», gramen auffi altéré par la culturen qu ou l’imagine, comment parve-u nir à le réhabiliter ? Si on l’aban-»» donne à la Nature, il périra promp-« cernent, du moins dans notre cli-»> mat j si on le seme dans une terreu inculte, il dégénérera ; si on fy te-.» jette encore , il continuera de degé-» nérer ; enfin il cessera de produire.
»> O11 a vu du froment semé dans deu mauvaises terres, meme cultivées,
,, qui ssépioit point dès la premiere» année : d’un autre côté , Théo-» phraste & Strabon parlent de plu-» sieurs pays où le bled croissoit na-ri turellement. Pline même , ci-dei-» fus, chap. 7 , a dit qu’il y avoirdans les Indes de forge cultivée 6 cde forge sauvage. Ces opinions neméritent pas d erre discutées sérieo-
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