HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVIII, 42.1’
clans les terres , Le on l’y dirige comme l'on veut. En Syrie (9) onlaboure avec de petites charrues, quine font que de légers sillons;aulieu cp’en plusieurs endroits de l’Italie, on met à une charrue jus--qu'a huit boeufs (10) : encore ont-ils bien de la peine à rompre laterre. Dans toutes les parties de l'agticulturemais principalementdans celle-ci, il importe de fe rappeller le proverbe : ckaqne ( 11 ) ter- -roir a sa portée & son régime.
Les focs de charrue , appelles par les Latins vomera (12.), font deplusieurs fortes. On appelle courre ( 13 ),. ce ter tranchant qui coupe& fend la terre avant que le foc la rompe & la renverse, & quilui trace la route des filions qu il doit former. II y a des focs qui meconsistent que dans une barre (14) de -fer dont le haut a la si gure d’un-bec. Ceux dont on fe sert pour les terres léger es, ne couvrent qu’enpartie le bois qui les supporte , & qui est percé pour recevoir leurdenture (15) ; Le ils n’ont qiAme petite pointe sitite a usti en formede bec. II y en a d’autres ( c’est la quatrième forte ) qui ont la pointe •plus large , plus longue, & tranchante par les côtés ; de forte qu'enrmème tems quelle fend Le retourne la terre, elle coupe les racines -des herbes quelle rencontre. Dans la Rhétie Gauloise (16), ons’est.
Cultellare agrum , c’est agrum eminen-tvercm ai planitiem redigere.
(14) J’ai fait voir, note 12, quedans les diverses langues dérivées duCeltique, vechs fe dit bom ou vom ;d’où vom-er, un foc de charrue. Je disbom ou vom, car rien de plus fré-quent que le changement dti b en vconsonne d’un idiome à l’autre, 8 í ré-ciproquement de IV consonne en b;comme basque pour vasco j hwal pourbaigna _, ô’c.
(15) Encore aujourd’hui, en Sué-dois, tinnar signifie dentes rastri ; cequi vient de time &: tanrt 3 dent. Vir-gile fait mention de ce foc à plusieurs
dents, Ge'org. liv. 1 , v. 172 :
Bina: aures , duplici aptantur dentalia dorso.
On lit aussi chez Columelle , liv. 2,chap. 1 : Celsus reformidans impensam 3 ,qua scilicet largior est amplioribus ar-meniis , censet exiguis vomeribus &■dentalibus terram subigere _, quo mino-ris forma bubus administrari id postit.
(16) C'est-à-dire , comme j-e crois, .vers Avenche 3 ville de Suisse; & nonpas aux environs de Vérone dans laGaule Italique , comme fe lest figuréle Pere Hardouin , qui entend ici parGallia la Gaule Cisalpine à l’égard desRomains. Le terme absolument bar-bare & Celtique dour Pline va faire