HISTOIRE naturelle, LIV. XVII I. 4Z3
avisé, il n’y a pas long-tems, d’ajouter à la charrue deux petitesroues, d’où ces sortes de charrues prennent le nom de plaumo-rati ( 17). La pointe du soc est plate & de la figure d’une pelle. Lesgens du pays ne scment que dans des terres bien labourées, & que,pouiTordinaire , on a laissé reposer j & comme les socs'de leurs char-rues sont larges, ils retournent mieux les mottes de terre. Aussi-tôt qu on a labouré, on jette le grain; ensuite on brise les mottesen faisant paíìer la herse (18) par-deíïus. Les champs qui ont étécultivés de la sorte n ont pas besoin d’être sarclés : mais on ne labourede cette maniéré qu avec deux ou trois paires de bœufs attelés à lafile (19), couple par couple. Une feule paire peut labourer chaqueannée quarante jugerum , si la terre est aisée à labourer; & trente, sielle est difficile.
Du terris propre au labour; de la maniéré dont ilfaut atteler
les bœufs.
E n Fait de labourage, on ne peut suivre trop exactement les sagesmaximes de Caton. La premiere ( 1) est de bien cultiver une terre ;la seconde de la bien labourer ; la troisième de la bien engraisser.Ne faites point vos sillons inégaux (2). Labourez dans le tems con-venable. Dans les pays chauds, on doit commencer dès le solsticed’hiver ; & dans les lieux froids, dès l’équinoxe ( 3 ) du printems. Ondoit labourer de meilleure heure dans les lieux secs, que dans les lieux:
(1) Le Pere Hardouin entend parsulcus varius la même chose que Coìu-melle entend par terra varia cariofa-que, liv. 2 , chap. 4. Je crois que ceCritique se trompe. Au reste, Pline a
Í iris-son texte dans Caton, chez qui onit , ibid. Agrum frumentarium càmaras , benè S tempestive ares. Sulcovario ne ares.
U) Ainsi que Finsinue VirgileGéorg. liv. 1 , v. 43 :
Vere novo , gelidus canis cùm montibus humorLiquitur, òc. zephyro putris fc gleba resolvit -Depreflo incipiat jam tum mihi raurus aratroIngemere , St sulco attritus splendescere vomer.
Voyez a usti Columelle, liv. 2, chapi-tre 4.